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Garder la pêche quand on cherche du travail à l’étranger

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En période de recherche d'emploi, le coup de blues n'est peut être pas loin. Avec son expérience en RH, en mobilité internationale et en gestion de carrière, Alix Carnot, directrice associée d'Expat Communication, répond à vos questions sur les carrières des expatriés et de leurs conjoints.

La question de Catherine sur la recherche d'emploi à l'étranger

« Bonjour Alix,

Je m’accroche dans ma recherche de travail en appliquant les conseils que j’ai lus chez vous et ailleurs. J’ai bien compris que ce ne serait pas facile et que c’est probablement moi qui vais créer mon poste. Cependant, j’avoue que depuis quelques temps, je n’y crois plus ! Alors je tergiverse, je perds mon temps, je procrastine pour passer un coup de fil. Du coup, je m’en veux, j’ai le cafard et c’est la spirale infernale. Mon mari me console en me disant que ce n’est pas grave et qu’on peut s’en sortir sans mon salaire. Eh bien, même sa gentillesse me met en boule ! Auriez-vous quelques idées pour m’aider à retrouver la pêche ? »

 

La réponse d'Alix

Merci Catherine pour votre confiance.

Voici quelques éléments qui m’ont semblé utiles. Prenez-les avec précaution car je ne connais pas bien votre situation personnelle.

Voici un paradoxe fréquent pour ceux et celles qui cherchent du travail : il faut avoir l’air frais, pêchu et attirant pour convaincre des partenaires ou des recruteurs. Être créatif et innovant pour vous démarquer de la concurrence. Faire envie, dégager de l’énergie. J’arrête là, je sens que je finis de vous démoraliser.

4 pistes pour sortir vite de ce mauvais pas.

1- Halte au temps mou quand on cherche un emploi à l'étranger.

Le problème quand on cherche du travail est que le temps n’est plus structuré par le rythme intense du bureau et de la routine. Notre emploi du temps devient flasque et flou, avec le risque que le moral s’y enlise. Donc, urgence structure : si le temps semble informe, alors découpons-le. En fonction de vos disponibilités, je vous propose de le découper en trois zones :

  • D’abord des moments pour vous reposer et prendre soin de vous. Vous traversez une période éprouvante, impossible de passer durablement en force. Gardez-vous des plages de repos, des petits plaisirs qui donnent le moral. J’aime l’expression anglaise « indulge yourself ». On est à fond dans le « parce que vous le valez bien » qui a vraiment ses mérites dans ces moments où on se découvre vulnérable.
  • Après le réconfort, l’effort mais dans des limites de temps bien claires. X heures par jour. Inutile de rester devant son PC à ne rien faire et n’hésitez pas à valoriser tous les micro-succès, parfois aussi minimes que d’avoir réussi à avoir l’assistante de votre contact au téléphone.
  • Enfin gardez du temps pour savourer et explorer. L’expatriation est une expérience unique, ne laissez pas la recherche de travail l’accaparer à 100%. N’en culpabilisez surtout pas. On parlait de donner envie, or c’est là aussi que vous irez chercher de l’énergie et de la créativité. Pour certaines, ce rythme sera bien réglé sur la journée. Pour les mères de famille qui ont peu de temps, ce sera sur la semaine. L’essentiel est d’établir une routine qui vous soutienne.

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2- Soyez BIEN entourés.

La solitude n’est pas bonne dans ces moments-là, cependant les remarques du type « de toute façon, tu n’y arriveras jamais » ne vont pas vous aider non plus. Essayer de repérer des personnes positives et bienveillantes qui vous inspireront de l’énergie. Ce ne sont pas forcément des super business women car parfois sans le vouloir, celles-ci ne feront que renforcer votre sentiment d’échec. C’est parfois plutôt une bonne amie qui saura vous rappeler vos succès et vos talents. Je vous vante sans cesse les bienfaits des groupes de recherche d’emploi, je n’insiste pas plus ici. S’il n’y en a pas là où vous êtes, un projet bénévole qui sollicite vos talents, qui vous met en contact avec d’autres et qui vous donne de la fierté et du plaisir, peut aussi être un atout pour votre recherche et votre moral. A condition de ne pas déséquilibrer votre rythme réconfort/effort/exploration.

3- Maintenez un cadre stimulant dans votre recherche d'emploi

  • attention à ne pas être « phagocytés » par les contraintes externes : les copains en visite, les vacances scolaires qui reviennent toutes les 6 semaines, les courses et l’interminable liste de la logistique à régler. Il vous faut un cadre régulier. Amis, famille, conjoint, tout le monde doit être mis à contribution. C’est souvent tellement difficile à mettre en place ! Mais si on se laisse dévorer par le quotidien, on perd le fil de sa recherche et donc le moral. Une idée : instaurer un rythme proche de celui que vous voulez avoir en travaillant.
  • autre écueil : s’installer dans un quotidien domestique, « casual », et ne plus se sentir faire partie du monde professionnel. Un antidote possible : se garder un espace bureau à la maison, s’habiller « comme au bureau » en l’honneur de son ordinateur, aller à des réunions réseau, juste pour retrouver une ambiance « corporate » si c’est le monde que vous visez. Si votre ville en possède, pourquoi ne pas prendre un abonnement dans un espace de coworking ? Ces espaces sont aussi des lieux de rencontres, sont agréablement décorés et éclairés.

Gardez du recul dans votre recherche d'emploi.

Si tout semble trop lourd, repartez de vos objectifs profonds. Pourquoi voulez-vous travailler ? Qu’allez-vous apporter ? Si rien n’avance durablement, il faut peut-être reconsidérer votre projet ; adopter une autre approche ou rajouter une étape. Si vous patinez, osez demander des conseils ou peut-être avancer avec un coach. Renseignez-vous aussi sur le choc culturel. Recherche d’emploi et blues de l’expatrié ne font pas très bon ménage ; si vous vous sentez vous enfoncer, il faut en parler à votre médecin. Cependant la plupart du temps, vous ressortirez de cette période exigeante plus mûre et plus solide. Quelle force et quel atout de savoir apprivoiser la solitude, le doute et l’incertitude. A petits pas, c’est ce que vous êtes en train de faire.

Bon courage !

Alix

Portrait Alix CarnotDirectrice Associée chez Expat Communication - Auteur de Chéri(e) on s'expatrie

Pour faciliter votre retour, notre équipe a mis au point trois services :

  • Le stage retour. Une journée pour les collaborateurs ou pour les conjoints, pour faire le point, relire son expatriation, avancer sur ses projets de retour et échanger avec d’autres personnes qui sont dans la même situation. Une bulle d’esprit expat avant de plonger dans le bain du retour.
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  • Le job booster cocoon : des groupes d’expatriés, hommes et femmes, boostent leur carrière en s’entraidant pour définir et obtenir le job de leurs rêves. Pour garder l’esprit innovant, débrouillard et solidaire de l’expatriation qui fera rebondir leur carrière. A Paris seulement pour l’instant.

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- Bénévolat en expatriation : quid de ma carrière ?

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