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Crise : pourquoi les expatriés et leurs conjoints se démarquent

crise expatriésA l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ne savons pas vraiment à quoi va ressembler la sortie de confinement qui se dessine un peu partout dans le monde. Pour autant, nous pouvons déjà tirer quelques enseignements de ces deux mois de crise. Depuis son confinement, Alix Carnot, directrice associée d’Expat Communication, passe ses journées avec des expatriés, des conjoints d’expat et des ex-expatriés. Pendant les accompagnements à la recherche d’emploi ou lors de coachings interculturels, en tant que chef d’entreprise, elle observe les changements. En réfléchissant aux chamboulements des fonctionnements internes du monde du travail, elle en déduit 3 impacts de la crise sur la carrière d’expatriés.

1. Des expatriés bien équipés pour gérer l’urgence, l’incertain et la crise

La crise fait ressortir les soft skills. Quand tout change, pour beaucoup de professionnels, il est compliqué d’adapter son logiciel. D’autres au contraire sont mieux équipés pour le changement, voire se distinguent dans ce contexte. Dans notre équipe, parmi nos clients, chez les personnes que nous accompagnons, je vois toutes sortes de réactions.

Il y a ceux qui :

  • se révèlent dans un contexte de crise,
  • se figent dans la sidération car leur processeur interne bute sur la complexité du changement,
  • s’enfouissent sous leur couette et attendent le 11 mai pour se réveiller,
  • donnent du sens,
  • craquent,
  • transmettent leur stress...

Les articles à ce sujet commencent à se multiplier (voir par exemple : https://www.welcometothejungle.com/fr/articles/profils-teletravail-collegue).

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Les soft skills des expatriés s'avèrent précieux

Toutes les réactions peuvent être légitimes, et même utiles. La personne qui craque, par exemple, permet de prendre en compte les fragilités de tous et de souder l’équipe. Néanmoins, pouvoir compter sur des personnes solides dans la crise devient indispensable. Or parmi eux, je vois émerger les profils des expatriés et des expatriés de retour. Je suis notamment sortie émerveillée d’un groupe de Job Booster Cocoon. Ce groupe rassemble des conjoints expatriés français de retour où étrangers. Tous confinés évidemment. Certains parmi eux parlent peu la langue du pays où ils habitent et comprennent mal le contexte qui les entourent. Pourtant, ils restent motivés, positifs et créatifs. Je pense que leurs talents de résilience, d’adaptation, de gestion de l’incertain ont été forgés par les aléas de leur vie nomade. Evidemment, ils ont aussi leurs moments creux, mais ils en émergent rapidement.

2. Un impact probablement positif vis-à-vis des recruteurs

Difficile de se mettre dans la tête d’un recruteur en ce moment, mais ce qui est certain, c’est que certaines compétences seront valorisées et très demandées. Pour l’instant, le marché de l’emploi se délite. Les offres se font rares, les recruteurs sont frileux et les candidats arrivent en masse. Mais, il me semble dans ce marché bouleversé, les expatriés gardent des atouts.

Ne nous leurrons pas, ils partent comme d’habitude avec l’inconvénient d’un profil atypique. En effet, ces profils atypiques sont plus élastiques à la demande, c’est-à-dire qu’ils sont sur-impactés par les fluctuations du marché.

Mais :

  • Tout d’abord, depuis quelques années, les recruteurs semblent se réconcilier avec les profils atypiques.
  • Par ailleurs, les soft-skills que développent les adversités de l’expatriation se trouvent au cœur des besoins aujourd’hui… Résilience, agilité, empathie, résistance au stress, capacité à demander de l’aide et à nouer des contacts … ces compétences vous disent quelque chose ? Expatriés, ne vous privez pas de les mettre en valeur en valorisant la façon dont vous les avez développées en expatriation et au retour.
  • Et enfin, pour naviguer dans cette période incertaine, les entreprises vont avoir besoin de compétences métier que vous avez souvent acquises. De compétences généralistes d’abord, celles-là même qu’ont développées ceux qui ont dû rebondir à de nombreuses reprises. C’est le règne des « couteaux suisses » comme se décrivent tant d’expatriés de retour. Ces profils souvent difficiles à mettre en valeur semblent plus attractifs aujourd’hui. C’est le cas aussi pour  les compétences digitales liées à la vie à l’étranger qui s’avèrent précieuses en ces temps de télétravail.
  • Et puis, le marché de l’emploi traverse une crise. Mais, ne sommes-nous pas habitués, nous les expatriés, à lutter sur des marchés de l’emploi hostiles en collectionnant les handicaps (langue, non reconnaissance des diplômes, incertitude, réseau faible…) Nous sommes équipés pour la difficulté, cela constitue une vraie différence.

3. Et puis, il y a le fameux « monde d’après » la crise

De nombreuses voix s’élèvent à travers la planète pour repenser nos modèles économiques et sociaux et ouvrir une réflexion sur le « monde d’après ».

Les optimistes y voient l’occasion de reconstruire un monde plus juste, plus écologique, avec plus de bien-être… chacun selon son idéal.

Les pessimistes, eux, voient poindre un monde chaotique et dur, malmené par des crises économiques et sociales

Dans tous les cas, nous finissons tous par constater que le monde a durablement changé. Le confinement ne se termine pas comme une séance de cinéma à l’issue de laquelle on retrouverait la normalité, la rue et son agitation. Le tunnel s’entrouvre sur l’inconnu.

Or pour piloter dans ces périodes, il faut des visionnaires, des aventuriers.

Ce moment convient bien aux outsiders, aux créatifs, aux moutons à 5 pattes. Je pense à de Gaulle, bien sûr, à Churchill, à toutes ces personnalités peu à l'aise dans les cases de la routine. Ces collaborateurs sans-cesse rabroués car ils ont trop d’idées, trop d’idéal, ou qu’ils ne pensent pas comme les autres. Or on en trouve beaucoup parmi les expatriés. Pour une raison évidente ; à l'étroit dans la routine, ils sont nombreux à avoir tenté leur chance ailleurs. Or ces zèbres ne détiennent-ils pas des clés essentielles pour la période que nous traversons ?

Certes, ces profils restent exceptionnels, même chez les expatriés, mais nous avons tous en nous une part de ce goût d’aventure, d’audace et de liberté qui sera précieuse pour construire le monde d’après. Que ce soit dans le monde des optimistes ou dans celui des pessimistes, nous avons appris à choisir et à piloter notre futur. C’est un talent rare et précieux.

Portrait Alix CarnotAlix Carnot, Directrice associée d’Expat Communication,

avec Nathalie Buet, responsable éditoriale d’Expat Value

 

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