Portraits d’expats bénévoles Réseaux pros à travers le monde

Réseaux Pros à travers le monde : PonteVia, portrait de sa Présidente qui raconte son expérience de la double carrière

Sophie Conrad

La double carrière, c'est le domaine d'expat value. Nous faisons émerger une expertise sur ce sujet jusqu'ici peu analysé. Beaucoup de conjoints suivent en ayant la certitude qu'ils trouveront du travail facilement, mais la réalité n'est pas si simple.

Ici Sophie Conrad, professionnelle du management des politiques publiques et présidente de PonteVia, nous relate son parcours, sa recherche d'emploi à Rome et comment elle gère sa carrière parallèlement à celle de son conjoint.

Bonjour Sophie Conrad, la présidente de PonteVia, pourriez-vous me présenter votre parcours avant d’arriver à Rome ?

Bonjour, je suis arrivée à Rome il y a 3 ans. J’avais une carrière dans le management des politiques publiques. A la fois en collectivité territoriale pendant une dizaine d’années et ensuite au Sénat. J'y avais suivi essentiellement des questions de politiques publiques :  développement durable, soutien à l’emploi et mise en réseaux.

Donc, une carrière parisienne ?

Une carrière strictement provinciale. J'ai fait mes études à Paris et suis ensuite retournée travailler à Nancy. C'est une ville à taille humaine où se trouve ma famille et mes amis.

Comment, quand on occupe un emploi à Nancy, devient-on présidente de PonteVia à Rome ?

Le chemin est un peu long, ce n’est pas totalement évident ! Rome est une expatriation voulue, choisie mais non préparée. J'y ai suivi mon mari qui est chercheur et avait une proposition de poste de 3 ans à l'Ecole Française. Déménagement en famille ! Donc quand je suis arrivée, j’ai découvert la ville, la langue et toutes les difficultés d’installation. J’ai tout de suite rencontré PonteVia.

C’était mon coup de cœur associatif par rapport à tous les réseaux associatifs romains. Je me suis tout de suite reconnue dans l'esprit de ce réseau. Je me suis rapidement inscrite au bureau. J'ai retrouvé à PonteVia des valeurs que je connaissais et cette ambition de créer une réelle stratégie territoriale de l’emploi m'a convaincue : il s'agit de faire le lien entre les demandeurs d’emploi et les entreprises et de promouvoir une gestion prévisionnelle des compétences en s'appuyant sur la mise en réseau, le fameux "networking" indispensable à Rome.
Cela faisait donc deux ans que je faisais partie de PonteVia quand la Présidente partait. J’ai relevé le challenge en équipe avec un beau binôme et un super bureau pour pouvoir développer tous nos beaux projets.

Dans quel état d’esprit étiez-vous en arrivant à Rome ? Pensiez-vous trouver du travail facilement ? Etiez-vous prête à mettre votre carrière entre parenthèse ?

Mettre entre parenthèse ma carrière, non. Je ne pensais pas que cela serait facile de trouver du travail, mais que ce soit aussi fermé, je ne m’y attendais absolument pas. Je sais que cela peut prendre du temps de s'adapter à l'éco-système local, trouver les bons réseaux, mais j'avoue avoir été vraiment surprise.

Mon objectif premier en arrivant fut d’apprendre l’italien et me remettre à niveau en anglais. Ensuite j’ai envoyé quelques CV. Pas de retour, donc je me suis dit qu'il fallait faire autrement. Ayant rencontré PonteVia dès mon arrivée, j’ai fait le choix de m'investir tout de suite dans cette association en parallèle de ma recherche d'emploi. Bien que bénévole et non-rémunéré, j’ai pris cet engagement là comme un engagement professionnel.  Et c’est finalement par ce biais là  que j'ai trouvé une vacation, puis un poste au consulat de France à Rome.

Est-ce que le fait d’être une experte de la politique de l’emploi dans vos fonctions précédentes vous a aidé dans vos propres recherches d’emploi ?

Paradoxalement, pas du tout ! D'abord parce que je n’avais jamais vraiment cherché d’emploi. J’ai eu cette chance du jeune diplômé qui trouve un emploi immédiatement. Puis j'ai changé de poste et évolué  au fur et au mesure des opportunités. Bien évidemment je connaissais des opérateurs en France et je savais les conseils qu’on donnait, mais je n’avais jamais eu besoin de les mettre en œuvre. Ce fût un vrai apprentissage. Le regard qu’on porte d'ailleurs aujourd’hui sur les demandeurs d’emploi est très souvent injuste. Car la recherche d’emploi est éprouvante, difficile et compliquée, quel que soit le niveau de parcours et le diplôme. Et tant qu'on en a pas fait l'expérience, on est un peu donneur de leçon sur le sujet...

Pour parler double carrière, en quoi votre mari a pu être un soutien ou non dans votre recherche d’emploi ?

Mon mari a une très grande confiance en moi, donc lui partait du principe qu'il n'y aurait pas de problèmes  ! C'est tout à fait agréable, mais pour autant pas toujours très aidant.

A l'été, vous repartez en France, avec un job tous les deux. Avez-vous progressé dans la gestion de double carrière ?

Je continue à penser que pour le retour nous sommes extrêmement chanceux. J'ai de mon côté eu une opportunité de travail en France. Nous avions de toute façon fait le choix que je rentrerais en France avec les enfants, même si lui restait en poste à Rome. J'avais envie de me recentrer professionnellement. Et finalement, il a également eu une proposition en France ce qui facilite tout.

Votre regard a-t-il changé concernant la double carrière ? Avez-vous des conseils à donner aux couples qui se lanceraient dans cette aventure ?

Il y a trois ans j'ai suivi mon conjoint avec un grand bonheur et c’était un vrai choix. Là si nous devions repartir, ce ne sera que si c’est moi qui ai un poste à l’étranger. Nous l'avons convenu ainsi.
Si j’ai un conseil à donner, c’est que l'on puisse changer les rôles. Ce ne doit pas être toujours le même qui suit.  Ce n'est pas simple, mais ce peut être un objectif à se fixer. Si on veut vraiment vivre la double carrière, le basculement est nécessaire. C'est chacun son tour.

Article expat value

Laisser un commentaire

Connexion en tant que membre