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Création du réseau pro Elles aussie – Melbourne

Verene IssautierJe m’appelle Vérène Issautier. Je vis actuellement en Australie, à Melbourne depuis 4 ans. Avant, nous avons vécu 3 ans en Suède, à Stockholm. J’ai bientôt 45 ans, je suis mariée et j’ai 2 enfants de 13 et 10 ans. J’ai un parcours école de commerce, suivi d’un 3ème cycle en marketing. Partir en expatriation est depuis toujours notre objectif de vie, c’est un choix de couple dont nous nous réjouissons chaque jour ! J’ai donc fait le choix de suivre mon conjoint qui a eu des opportunités professionnelles a l’étranger, tout en gardant l’objectif de poursuivre ma carrière professionnelle à l’étranger!

Comme je l’évoquais, partir vivre à l’étranger a toujours été un projet de vie et de famille. Et travailler dans un poste stimulant est également une exigence/ nécessité dans ma vie !

A l’annonce de notre départ en Suède, je me réjouissais de ce break de plusieurs mois, avec mes enfants. Le cœur léger, j’ai démissionné de mon entreprise en France, assurée que la suite de ma vie professionnelle se poursuivrait ailleurs!

Quelques mois après mon arrivée à Stockholm, une fois la famille installée, je me suis attelée à mon projet personnel : retravailler ! : cours intensifs de suédois, mise à jour du CV et communication intense autour de moi sur ma volonté de retravailler. A travers mon réseau, j’ai été informée d’une opportunité au sein de la Chambre de Commerce Française de Suède. J’y ai travaillé pendant presque 3 ans, en tant que responsable des services d’appui aux entreprises (aide à l’export pour les entreprises françaises). Mais derrière ce rapide paragraphe, se cache un moment de doute et de panique sur cette nouvelle vie qui prenait un cours différent de ce que j’avais imaginé ! Qu’allais-je devenir ? Je n’avais jamais envisagé de ne pas travailler dans cette nouvelle vie ! ». En effet, travailler fait partie de mon équilibre. Vais-je être capable de trouver un poste sans parler suédois ? Qui va me recruter ? etc.

Cette expérience m’a permis de prendre conscience que pour travailler à l’étranger, je devais faire preuve de modestie, d’adaptabilité, de créativité et d’envisager de nouvelles options professionnelles. D’un point de vue familial, travailler à plein temps à l’étranger s’est avéré demander une logistique plus intense, c’était aussi un choix familial dans un contexte diffèrent (mari très pris, beaucoup de déplacements, pas de famille proche pour aider, etc.) !

Quand j’ai su que nos partirions à Melbourne, j’ai naturellement pris contact avec la Chambre de Commerce franco-Australienne pour leur proposer mon aide. A cette période, il n’y avait pas d’opportunité. En arrivant, je suis allée me présenter. Quelques mois plus tard, par mon réseau (à nouveau), j’ai appris qu’ils manquaient de ressources. Je les ai donc recontactés. J’ai commencé sur un poste très nouveau pour moi (responsable des évènements et des partenariats). Ensuite, j’ai eu l’opportunité d’évoluer au sein de cette organisation pour devenir General Manager Victoria. Je suis restée 3 ans avant de me lancer dans mon nouveau projet !

La création d’un réseau pro :

Au fil des années, j’ai réalisé que le réseau est un élément essentiel dans le rebond professionnel. Il l’est également dans les affaires ! Mon expérience en tant que conjointe d’expatrié, m’a montré à quel point, la réalisation professionnelle pouvait être importante et qu’un manque de perspective à l’étranger pouvait rendre les conjoint(e)s d’expatries très vulnérables et être un facteur déclenchant de mal-être, voire de retour prématuré.

J’ai aussi réalisé que nous, les « femmes d’expat. », représentons la majorité des conjoints suiveurs, sommes souvent très qualifiées, bénéficions d’une expérience professionnelle significative et avons la volonté de poursuivre notre carrière à l’étranger. Nous sommes des pépites pour les entreprises ! Mais il nous manque parfois, un tremplin à notre arrivée dans le pays d’accueil, une main tendue pour retrouver notre confiance parfois émoussée par plusieurs mois, éloignées de la vie professionnelle, et un premier contact pour tisser notre nouveau réseau pro.

C’est pourquoi, j’ai décidé de lancer Elles aussie, le réseau des professionnelles francophones pour soutenir le développement professionnel des femmes, en m’appuyant sur le formidable élan de solidarité féminine, d’autant plus fort entre francophones.

Elles aussie se développera à travers 3 principaux axes :

  • L’entraide dans l’évolution professionnelle
  • le rebond professionnel a l’étranger
  • Le development de contacts d’affaires a l’international

Actuellement basée à Melbourne, ce projet prend ses racines en Australie, au pays des Aussie !

Les différentes étapes

Fin d’année dernière, forte de mon réseau et de mon expérience, j’ai décidé de quitter mon poste pour lancer mon projet professionnel, celui qui me fait vibrer ! J’ai été accompagnée dans cette démarche par une coach spécialisée dans l’accompagnement des femmes qui souhaitent lancer leur entreprise. Nous avons travaillé ensemble environ 7 mois jusqu’à ce que ce projet se dessine. Mais il me restait encore beaucoup à parcourir pour en faire un projet viable, notamment financièrement.

Elles aussie est un projet de réseau, pour aider les femmes à étendre leurs relations, en fonction de leurs besoins, dans un cadre positif et bienveillant. Pour bien fonctionner, Elles aussie nécessite à la fois une masse critique de participantes !

J’ai donc décidé d’initier mon projet par la création et la fédération d’une communauté de professionnelles francophones en Australie, qui se rassemblent autour des mêmes valeurs d’entraide et de solidarité. Cette communauté sera animée par des introductions, des programmes de mentoring et des évènements de networking locaux. L’objectif est d’échanger avec la communauté professionnelle féminine et d’aligner les offres nécessaires. Le réseau sera officiellement lancé en février 2019 à Melbourne, à l’occasion d’une soirée de lancement.

Le modèle économique de ce réseau est en cours de finalisation et ne peut être dévoilé en l’état actuel.

Je n’ai pour l’instant pas eu recours à une formation complémentaire. En fonction des besoins exprimées par les femmes du réseau, j’envisage de suivre une formation de coaching en transition professionnelle.

Pour conclure, l’expatriation m’apporte beaucoup !! Elle m’apporte une ouverture sur le monde et un nouveau regard sur la vie. L’expatriation me permet notamment de remettre en cause des certitudes enracinées au plus profond de moi, qui finalement s’avèrent ne pas être immuables !! L’expatriation c’est aussi une opportunité de pouvoir se révéler, notamment au niveau professionnel !

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