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Networker, dans un environnement multi-culturel ou quand nos cultures peuvent être source d’incompréhension réciproque (3/3)

NetworkingSi vous avez lu "Maximiser votre networking : entre savoir-faire & savoir-être !" articles 1 et 2, c'est que le réseautage n'a presque plus de secrets pour vous ! Ceci étant, un bon networking implique de connaître les règles de bienséance du pays dans lequel vous vivez. L'un ne va pas sans l'autre et c'est extrêmement intéressant de voir  à quel point nos différences culturelles peuvent être parfois source d'incompréhension totale et réciproque.

1.Dis-moi où tu vis, je te dirai comment saluer.

Car oui, la première erreur est de se comporter dès les salutations, comme on pourrait le faire dans son pays d’origine.

Parlons tout d’abord des distances interpersonnelles : nous n'en n'avons pas forcément conscience, mais elles sont culturelles et très fortement ancrées en nous.

Cette distance est l'espace individuel dans lequel nous nous sentons en sécurité. C’est notre bulle, n'y rentre pas qui veut ! Le sentiment d'intrusion est plus ou moins désagréable et marqué selon les gens et leur culture.

Par Pays :

En France, la distance moyenne est de 80cm à 1m  pour les relations (ce qui équivaut à un bras tendu), et entre 30cm et 50cm  pour les proches (c'est à dire l’avant-bras).

C'est en Espagne où la distance entre connaissances tourne autour de 50cm, que j’ai pris conscience de mon "espace vital". Mes interlocuteurs me paraissaient étrangement "intrusifs", me rendant parfois mal à l'aise.

Dans les pays d’Amérique du nord, d’Europe du Nord et chez les Anglo-Saxons, la distance est quant à elle supérieure qu'en France.

Globalement en Asie et Asie du Sud Est, peut être en raison d’une plus forte densité de population, les distances interpersonnelles sont considérablement plus étroites. 50cm pour une relation professionnelle semble "large ".

Exemple d'un vol Dubaï - Muscat :

Je me souviens d’un vol, où les Indiens, Pakistanais et Afghans faisaient la queue en se collant les uns aux autres. Leurs corps se touchaient, alors qu’il y avait très largement de la place. Impensable en France ! Et spécificité supplémentaire, cette file n’était pas mixte. Les femmes étaient regroupées ensemble et venaient à la suite des hommes.

Maintenant, entrons dans la danse !

Amusez-vous à faire le test avec des amis ou des collègues. Commencez par discuter comme d’habitude. Prenez conscience de la distance qui s’est instaurée entre vous naturellement. Ensuite, approchez-vous plus que de coutume. Vous constaterez que tout ou partie du corps de votre ami, collègue reculera pour maintenir la distance. Et ce dernier n’en aura peut-être même pas conscience ! Si vous voulez aller plus loin, essayez de recommencer 2/3 fois, puis demandez à l’autre ce qu’il ressent. Il sera très certainement mal à l’aise.

Vous pourrez même savoir à quel point vos amis, collègues se sentent proches de vous, en fonction de la distance à laquelle ils acceptent de vous laisser entrer dans leur espace personnel. Mais chut c’est un secret !

2. Autre problématique lors des salutations : Toucher ou ne pas toucher son interlocuteur, telle est la question ?

De manière générale, le "check-hands" et autres serrages de mains, sont souvent utilisés pour se saluer professionnellement. C'est le cas pour les hommes entre eux, mais ça se complique entre hommes et femmes, voire même entre femmes !

J’ai personnellement beaucoup baigné dans des cultures Nord-Américaines. Se serrer la main y reste rare entre collègues. Et d'ailleurs, on ne va guère plus loin, sous peine non fictive d’être poursuivie pour harcèlement sexuel et ce quelques soit le sexe de la personne.
Le hug* ou le câlin américain est réservé exclusivement aux personnes proches, et c’est tout un art. Il s’agit de se pencher en avant, au point que les épaules opposées se touchent et on se tape dans le dos, voire on se serre. La distance inter-corporelle varie en fonction de la proximité affective que l’on peut avoir avec la personne. Plus simplement,  plus on est proche moins on se penche. Et même en couple, c’est plus un hug qu’un baiser qui est échangé pour se saluer.

A l’opposé, j’avoue avoir été surprise par la bise échangée de but en blanc avec un parfait inconnu lors d'un meeting en Espagne. Et cela semblait "normal" pour les autres participants ?!?

Les Italiens ou Espagnols sont-ils plus "chauds" ?

Ils sont surtout très expressifs et beaucoup plus tactiles. Ils ont des mouvements de mains et un volume sonore bien plus élevés que les Français. Ainsi, pour capter l’attention, les Espagnols peuvent tapoter ou saisir le bras de leur interlocuteur. Cela peut sembler un peu bizarre de prime abord. Dans une relation homme-femme, la subtilité entre drague ou pas, me semble personnellement infime en tant que Française.

Enfin, au Moyen-Orient, je n’ai jamais tendu ma main pour saluer un interlocuteur Emirati ou Musulman(e) sans que celui ou celle-ci ne me tende sa main en premier. En effet, dans la religion musulmane, toucher une femme est "un acte impure" de la part d'un homme. Donc, initier le salut, en tant que femme occidentale en tendant ma main, obligerait alors mon interlocuteur à me saluer de cette façon et serait donc de ma part un geste déplacé.

Il faut respecter chaque culture et ses codes parfois non-dits. C'est aussi en ce sens qu'un départ en expatriation se prépare. L'aspect "inter-culturel" est très important.

 

Article rédigé en mars 2018 par Sandrine Puichaffret, Chief International Marketing Officer.

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"Maximiser votre networking : entre savoir-faire & savoir-être !(1/3)"
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