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Se former en expatriation ?

se_formerAvec son expérience en RH, en mobilité internationale et en gestion de carrière, Alix Carnot, directrice associée d'Expat Communication, répond à vos questions sur les carrières des expatriés et de leurs conjoints. Aujourd'hui les questions se portent sur le retour au siège.

La question de Noémie

Chère Alix,

Je suis au Brésil et je n’ai pas de visa de travail. Tout le monde me dit que je n’ai qu’à en profiter pour me former. Pourquoi pas, mais en quoi, où, comment ? Ce n’est pas encore clair pour moi. Auriez-vous des idées pour m’aider à avancer ?

Noémie

La réponse d'Alix

Ma chère Noémie,
Merci pour cette question que beaucoup d’expatriés se posent !

Un bon créneau pour se former

Quand on parle de carrière et d’expatriation, j’aime reprendre les résultats de notre grande enquête. 80% des conjoints souhaitent travailler, mais seule la moitié y parvient. 72% d’entre eux pensent que l’expatriation a été mauvaise pour leur carrière. Comme leurs motivations pour chercher un travail portent surtout sur le long terme. Les postes qu’ils trouvent sont souvent en régression par rapport à leur poste précédent, cette question de la formation se pose légitimement.

  • La formation en expatriation n'est-elle pas une façon idéale de développer son employabilité ?

Jusqu’ici, vous avez souvent couru, luttant au mieux pour assurer l’équilibre famille/travail. En expatriation, vous découvrez souvent le luxe inouï (et complexe) d’avoir du temps. Ne passons pas à côté de cette opportunité extraordinaire. Une bonne formation est souvent bien plus utile pour sa carrière qu’un mauvais job, ou surtout qu’une longue recherche infructueuse et frustrante, surtout quand on n’a pas de visa de travail.

Mais attention, il ne s’agit bien sûr pas seulement de s’occuper. Alors comment choisir ?

Un éventail infini de sujets et de métiers

La question clé est pourquoi se former ? Il faut y réfléchir sans perdre de temps, car une expatriation est vite passée. Il serait dommage de perdre un an car vous n’avez pas pris le train quand il démarrait.

Voici une liste de sujets possibles :

  • Apprendre la langue locale. Ce n’est pas forcément pour votre employabilité mais souvent pour votre survie dans votre pays d’accueil, ou au moins la qualité de vos relations avec le pays qui vous entoure. Indispensable souvent, parfois à combiner avec l’un des sujets suivants. Toujours utile aussi pour maintenir votre plasticité cérébrale.
  • Vous perfectionner dans votre job d’origine : depuis le temps que vous vous disiez qu’il fallait vous mettre à la page en Digital media, ou vous perfectionner dans telle spécialité de droit, ou découvrir de nouveaux outils de management. Voilà enfin un moment pour vous mettre à la page.
  • Profitez de votre présence pour apprendre une spécialité locale. C’est sûr qu’il vous sera plus facile d’apprendre le yoga en Inde, la théologie à Rome, les arts martiaux au Japon ou le coding en Californie qu’à Neufchâtel, Rennes ou Saint-Germain (et encore, on en reparle).
  • Professionnaliser votre parcours d’expatrié en creusant des points liés à la vie nomade. L’interculturel est un bon exemple de cette stratégie.
  • Apprendre quelque chose de complètement différent, soit pour changer de métier, soit pour enrichir votre palette. Vous êtes si nombreux à vous mettre à la peinture, au coaching, à l’acupuncture, au coding, à l’enseignement… Soit pour devenir peintre, coach, acupuncteur, codeur ou enseignant, soit pour avoir aussi cette corde à votre arc.

L’éventail est donc infini car en plus, en 2019, où que vous soyez, quasiment tout est possible !

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Tous les modes sont possibles

Selon vos objectifs et vos contraintes, vous choisirez des modalités de formation différentes.

Vous êtes dans une grande ville ? Vous parlez la langue du pays ? L’université ou les écoles locales proposent sans doute des modules qui pourraient vous intéresser. Si la langue est un obstacle, peut-être y trouverez-vous aussi des cursus en anglais. Dans beaucoup de pays, il existe des universités du troisième âge, peu chères, dispensant des cours de qualité. Les avantages de cette formule : vous rencontrerez des étudiants locaux ou internationaux et découvrirez des pans nouveaux de la vie locale.
Inconvénient : ces cursus ne sont pas forcément assez souples pour votre statut d’expat de passage ou de parent d’enfants en bas âge, le cas échéant.

Pour les cours de langue ou certaines spécialités, un prof particulier peut être aussi une porte vers votre culture d’accueil, avec, pour un coût beaucoup plus élevé, l’avantage de la flexibilité.

Le truc du moment, ce sont évidemment les Mooc (Massive Open On line Course). C’est une façon extraordinaire d’accéder à des enseignements de grande qualité souvent gratuitement, ou que vous soyez. Avec à la fin une reconnaissance de diplôme. Un inconvénient néanmoins : même si les contenus sont interactifs, vous êtes quand même seul à la maison face à votre ordinateur. Or en expatriation, on a souvent un grand besoin de proximité humaine. Attention à ne pas vous retrouver trop isolé.

Plus classique, l’enseignement à distance se maintient. Avec le CNED, de nombreux cursus de formation professionnelle sont disponibles, notamment le DEAFLE (Diplôme d'Aptitude à l'Enseignement du Français Langue Étrangère), mais aussi des formations en RH, etc. Vous pourrez peut-être utiliser votre compte individuel de formation. De nombreux master professionnels peuvent être suivis à distance.

Enfin si vous vous êtes investie dans une nouvelle activité, notamment via le bénévolat, n’oubliez pas la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) qui via un processus complexe mais précis vous permettra de convertir votre expérience en diplôme officiel. (voir le site officiel www.vae.gouv.fr)

Idées de bonnes pratiques

Vous le voyez, le champ d’application est incroyablement large.

Pour être sûre que vous profitiez au mieux de votre formation, voici quelques témoignages d’expatriée, tirés notamment du groupe Facebook Expat Value.

Nous l’avons déjà dit, mais j’insiste : avant de vous lancer, clarifiez bien vos objectifs et vos contraintes. Dans quel but voulez-vous vous former ? Quelles sont vos contraintes de temps, de disponibilité, d’argent ?

Voici quelques raisons d’échecs classiques et des idées de parades :

  • « C’est trop lourd. Je ne m’en sors pas avec les enfants. » Parade : une formation est un investissement professionnel et un choix familial. Il vous faudra expliquer à toute la famille que se former est un travail, sauf qu’au lieu de rapporter de l’argent, cela en coûte, pour (on l’espère), en gagner plus tard. Donc, inutile de culpabiliser s’il faut investir aussi dans une baby-sitter. En revanche, validez bien votre disponibilité. Il me semble que plus de la moitié des jeunes parents qui commencent un PhD (doctorat) en expatriation ne le terminent pas pour des raisons d’organisation familiale.
  • « Je n’arrive pas à me motiver ». On en revient au choix initial. Se former est difficile. Pour des raisons linguistiques (pas simple de suivre un cours en italien quand on est à Rome depuis 2 mois), pour des raisons sociales (soit qu’on se sente trop seul face à son ordinateur, ou trop décalé dans un amphi d’étudiants de 20 ans) ou pour des raisons intellectuelles (hum, reprendre les mathématiques financières à 47 ans, on s‘accroche). Il faut donc être bien sûre de ses raisons. Et parfois limiter son ambition. Plutôt qu’un diplôme de gemmologue, avoir suivi quelques modules sera déjà un bon début.
  • « Quand je suis rentrée à Bruxelles, mon diplôme n’était pas reconnu ! » ? Cela mérite d’y passer du temps lorsque vous choisissez votre formation, notamment pour les Mooc. Si c’est dans une optique professionnelle, avez-vous bien validé avec PLUSIEURS spécialistes de votre domaine cible ce qu’ils pensent du diplôme et du cursus choisi ?

Et puis si vous n’avez pas pu tout finir, ou si vous avez laissé le train passer, rassurez-vous, vous pourrez sans doute vous rattraper lors de votre retour. Et cela tombe bien car la formation est souvent une excellente façon de renouer avec votre marché de l’emploi.

Enfin, à ceux que j’entends murmurer « elle est bien gentille, Alix, mais on ne va quand même pas passer notre vie à se former », je réponds aussitôt : mes amis, nous sommes dans une époque où les métiers et les savoirs évoluent à toute allure. Quelle chance que l’expatriation vous donne l’occasion d’apprendre à apprendre ! C’est vous qui serez les mieux équipés pour les carrières de demain !

J’espère que cet article vous a été utile Noémie, sinon, n’hésitez pas à m’écrire.

Bon vent à vous !

Portrait Alix Carnot

Directrice Associée chez Expat Communication - Auteur de Chéri(e) on s'expatrie

Pour faciliter votre retour, notre équipe a mis au point trois services :

  • Le stage retour. Une journée pour les collaborateurs ou pour les conjoints, pour faire le point, relire son expatriation, avancer sur ses projets de retour et échanger avec d’autres personnes qui sont dans la même situation. Une bulle d’esprit expat avant de plonger dans le bain du retour.
  • Accompagnement personnalisé pour un retour à l’emploi. Une coach, ancienne expatriée elle-même, vous aide à élaborer et mettre en œuvre votre projet. Service disponible à Paris ou par skype avant votre retour.
  • Le job booster cocoon : des groupes d’expatriés, hommes et femmes, boostent leur carrière en s’entraidant pour définir et obtenir le job de leurs rêves. Pour garder l’esprit innovant, débrouillard et solidaire de l’expatriation qui fera rebondir leur carrière. A Paris seulement pour l’instant.

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