Expat et Carrière Portraits d’expats entrepreneurs

Expatriation et innovation : Le véhicule autonome par SKYLYS Aircraft !

Airspeeder by SKYLYS AircraftFondée en 2017, sous l’impulsion de 9 co-fondateurs Emiratiens, Français, Suisse, Anglais, Canadien... SKYLYS Aircraft est une compagnie américaine qui développe un aéronef* 100% électrique, autonome et connecté. Les fondateurs historiques appellent ce véhicule un "Airspeeder", clin d’œil à la grande épopée STAR WARS de Georges Lucas ! Après 30 mois de Recherche et Développement, SKYLYS Aircraft finalise sa levée de fonds pour permettre les phases d’assemblage et d’usinage. Elles se feront au Costa Rica et en collaboration avec trois autres pays.

Gary, à l'initiative du projet et Marie son épouse, son deux bourlingueurs passionnés et passionnants !

Quel est votre parcours à tous les deux ?

Gary : Je suis tombé dedans durant mon enfance grâce à mon père. J’ai depuis toujours été impliqué dans des projets en ingénierie, logistique. Principalement sur le terrain en humanitaire.

Marie : Je suis Psychologue clinicienne diplômée de l’université Paris 8. J’ai exercé en addictologie et en psychiatrie avant de partir pour Montréal et maintenant à San José au Costa Rica. Ne voulant pas laisser ma carrière de côté, j’ai développé ma plateforme en ligne de psychologie pour expatriés. Je les accompagne pendant la phase d’adaptation qui peut être un choc... Je crois qu’on a tous un rôle à jouer.  L’expatriation ne doit pas être un frein pour le conjoint suiveur. Au contraire cela peut être source d’épanouissement.
J’apporte également mon aide à Skylys Aircraft pour le recrutement de la future équipe.

Comment en êtes vous arrivés à Skylys Aircraft ?

Gary : Lorsque nous sommes devenus parents, la réflexion a été centrée sur la question suivante « Que laissons-nous à nos enfants et aux générations futures ? »
Il faut qu’une idée, ou une envie réponde à un besoin et non à un plaisir.
Il y a dix ans, on me disait que c’était impossible. Aujourd’hui tout le monde se lance dans l’aventure de la Flying Car. Face aux enjeux de la mobilité dans les villes du 21eme siècle, notre vision de l’Airspeeder constitue une alternative durable pour le désengorgement des villes. Il faut voir le trafic à São Paulo, New York ou l’effet d’une grève à Paris !

Quand je suis arrivé à Montréal, on m’a dit qu’il était important que je fasse mes preuves dans l’innovation technologique, avant que quelqu’un investisse dans un projet aussi innovant que l’Airspeeder. C’est ainsi que ma première société de drônes a été créée à Montréal avec le soutien d’investisseurs (Slidx). Maintenant que j’ai fait mes preuves, j’ai gagné en crédibilité et en sérieux. Je suis revenu à mon idée première en développant l’Airspeeder.

Marie : En expatriation, il faut s’autoriser à “penser à côté” et “sortir de sa zone de confort”. Quand Gary m’a proposé de gérer le recrutement, je me suis dit why not ?

Pourquoi le projet s’est-il envolé vers le Costa Rica ?

Pour le projet, le tissu universitaire costaricien, ainsi que le cluster* aéronautique et aérospatiale sont très dynamiques. De plus il fallait des points d’eaux pour les phases de tests. Ce petit eldorado bénéficie de l’océan Pacifique et de la mer des Caraïbes.
Nous aimons la philosophie de ce pays qui préfère miser sur les énergies renouvelables, dont il est l’un des champions mondiaux. Il a dépassé en novembre 2017 la barre des 300 jours dans l’année de production électrique, générée exclusivement par des ressources renouvelables.
Ce qui a attiré également Skylys Aircraft est la zone franche* qui est un régime de fiscalité hyper privilégié pour les entrepreneurs. Avis aux intéressés...

Comment est constituée l’équipe ?

Gary : Nous sommes une équipe de 9 personnes rencontrées toutes en expatriation. Le socle commun de cette synergie au sein de l’équipe est la compréhension et le vécu de l’expatriation au niveau personnel et professionnel. Nous avons tous été confrontés à diverses situations culturelles et conceptuelles nécessitant des remises en question pour mener à bien des projets internationaux.

En quoi l'expatriation a t-elle été décisive pour vous ?

En tant que créateur d’entreprise et père de famille, mon let motiv est donc de toujours répondre à une nécessité financière.
Un tel projet nécessite d’être capable de faire des choix stratégiques en privilégiant la maîtrise des besoins fondamentaux de la pyramide de Maslow. Un autre aspect essentiel est celui de l’épanouissement familial. La capacité d’adaptation de la famille est primordial, ainsi que le cadre de vie des enfants. Est-ce que cette destination permet de baisser les coûts ? Est-ce que cette destination permet de respecter un cadre de vie agréable pour que les enfants n'aient pas l'impression de subir vos choix ?

L'aventure de l'expatriation s'est imposée à Skylys Aircraft. La France n’était pas prête il y a 5 ans, à investir sur mon programme. En France, je me suis heurté au manque d'appui de capitaux en fonds propres. Les capitals riskers* sont moins présents dans cette partie du monde si on compare à l’Amérique du Nord par exemple. La France a du mal à prendre des risques sur des projets novateurs. Sur ce qui n'est pas fondé sur quelque chose d'acquis et d'existant. C’est ce qui a été le plus décisif dans notre choix de l’expatriation.

Avez-vous été parfois tenté d'abandonner et quels ont été les recours ?

On est face au principe d'incertitude qui montre toute la complexité d'un projet, à savoir faut-il tout abandonner maintenant ? Quand la seule variable non maîtrisable est celle du temps.

On abandonne que si on ne valide pas chaque étape au sein d'un projet et si on est complètement seul. En revanche si on est accompagné par des experts, si le projet a une raisonnance sur la scène internationale et au niveau médiatique, si on est capable d'avoir de véritables preuves écrites de fonds d'investissements intéressés, alors oui ça donne envie de continuer malgré les risques et le stress. (Car il y en a !)

Lorsqu'il a été question d'abandonner, la synchronicité a fait en sorte de nous faire rencontrer les bonnes personnes au bon moment. Elles ont su de nouveau insuffler la flamme.

Quel est votre rêve le plus fou ?

Que L’AO rayonne à Dubaï à l'exposition universelle 2020, car après tout, nous avons le temps d'y être.

*Aéronef : Moyen de transport capable de s'élever et de se mouvoir en altitude, au sein de l'atmosphère terrestre.

*Cluster : Regroupement.

*Zone franche : Zone géographique d'un pays présentant des avantages fiscaux afin d'attirer l'investissement et de développer l'activité économique. Les entreprises qui s'y installent bénéficient d'un environnement fiscal et réglementaire plus favorable que celui en vigueur dans le reste du pays. En particulier les marchandises qui y sont introduites sont considérées comme ne se trouvant pas sur ce territoire Elles sont de fait exonérées de droits à l'importation, de taxes et de mesures de politique commerciale.

*Capital riskers : Le capital risque est la branche du capital investissement consistant à prendre des participations (généralement minoritaires) dans des sociétés non cotées n'ayant pas encore trouvé leur point d'équilibre. Ne profitant pas d'un résultat positif dégageant des marges, n'étant que difficilement éligibles aux prêts bancaires, ces sociétés en phase de démarrage (startup) doivent obtenir des fonds propres de la part d'investisseurs pour financer leur activité. Les investisseurs en capital risque (ou capital-riskers),  apportent du capital, leurs réseaux et leur expérience à la création et aux premières phases de développement d'entreprises innovantes ou de technologies considérées comme à fort potentiel de développement et de retour sur investissement.

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