Avant le départ Expat et Carrière

Formation interculturelle avant une expatriation : indispensable !

formation interculturelleA l’idée d’une expatriation en Chine ou en Iran, on pense naturellement que l’adaptation sera compliquée. Mais, quid lorsqu’il s’agit de pays plus proches comme la Belgique ou le Royaume Uni ? Pour un Espagnol, s’expatrier au Mexique n’est-ce pas une simple formalité ? Pourtant réussir son expatriation dépasse la simple maîtrise de la langue du pays d'accueil. Il faut aussi découvrir la partie immergée de l’iceberg et se familiariser avec la culture, les valeurs et les traditions de son nouveau pays. Dans ce contexte, une formation interculturelle est sans aucun doute la clé d’une expatriation réussie.

Coaching interculturel : quels avantages pour l’expatrié ?

1. S’adapter à son nouveau pays 

La première étape consiste déjà à mieux comprendre sa propre culture. Être conscient de sa propre identité, de ses biais, permet de mettre en perspective ses valeurs avec celles de son pays d’accueil. Etape numéro 1 donc : comprendre que mes valeurs ne sont pas universelles. Cela semble simple, mais c’est loin d’être évident.

Grâce à cette sensibilisation, l’expatrié prend confiance en lui et se sent immédiatement plus à l’aise dans son nouveau pays, mais également sur son lieu de travail.

Une formation aussi pour la famille !

Il est essentiel que la famille de l’expatrié puisse aussi bénéficier de cette formation avant son départ. N’oublions pas que de nombreuses expatriations échouent du fait de l'inadaptation de la famille à la vie locale. Paolo C., Executive HR Business Partner de Division dans le secteur de l’énergie, témoigne : « L’entreprise qui nous a envoyé en France n’a pas prévu de préparation interculturelle, elle s'est focalisée sur la préparation du contrat, le package. Moins sur l'accompagnement. Mon épouse a connu de réelles difficultés, notamment beaucoup de stress au moment des premières démarches liées à la gestion des enfants : pédiatre, école. Et puis, les contacts avec les Parisiens qui, au moins au début, ont l’attitude de considérer les Italiens comme des immigrés de deuxième division, très différents des expatriés anglo-saxons et allemands. Enfin, comme beaucoup d’expatriés en France, une incompréhension des démarches administratives : préfecture, assurance-maladie, etc. Rappelez-vous que l’expat qui arrive en France ou dans n’importe quel pays est tout de suite plongé(e) dans son travail, mais les membres de la famille qui accompagnent sont ceux qui sont plus exposés aux difficultés de l’expatriation… »

 

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2. Être performant au travail

Pour retrouver sa performance, l’expatrié va devoir aussi se conformer aux us et coutumes professionnels de son pays d’accueil. Les différences culturelles peuvent concerner aussi bien le rapport à l'autorité, les modes de gestion des conflits, que le rapport au temps.

Edouard Vagogne, responsable de la direction de la signalisation chez Alstom au Mexique est arrivé à Mexico après 10 ans en Espagne sans formation spécifique. Il témoigne : « le rapport à l’autorité est extrêmement différent au Mexique. Ici, on ne dit jamais non. Bien sûr, cela a parfois de bons côtés, mais quand vous vous retrouvez dans une situation où un client veut vous montrer qu’il est le chef, alors la situation peut prendre des proportions incongrues. Vous faire attendre 2 heures avant un rendez-vous, ou vous proposer un créneau de réunion à 20h un vendredi soir, pour vous montrer que c’est vous qui êtes « a sus ordenes (à ses ordres) » et non l’inverse. Evidemment, au début, on peut être un peu surpris ».

Autres exemples, en Allemagne, être à l’heure et respecter le temps de parole qui vous est accordé lors des réunions est primordial. Aller à l’essentiel et rester professionnel sont des règles à suivre impérativement. En revanche, en Grèce ou en Italie, prendre le temps de mieux connaître son interlocuteur dans le cadre d’une conversation informelle est une étape indispensable lors d’une négociation, même si cela retarde la réunion.

3. Mieux comprendre et gérer son équipe                                            

L’intérêt d’une formation interculturelle ? Mieux comprendre ses équipes et adapter son mode de management aux spécificités locales.

Pour Edouard Vagogne, réussir son intégration interculturelle repose avant tout sur une bonne dose d’humilité. « Sur ce point, les Français ont un gros besoin de préparation. Si on ne comprend pas que c’est à nous de nous adapter à la culture locale et non le contraire, cela ne marchera pas. Il faut mettre en avant nos différences, certes, mais en douceur. Toutes les formations en interculturalité doivent intégrer ce principe ! »

Prendre le temps d’écouter, de poser des questions et de comprendre la position de chacun, est, en effet, primordial. En Asie, par exemple, il est normal de ne pas exprimer son désaccord ouvertement, ce qui peut être très déstabilisant pour un Français, qui a tendance à dire ce qu’il pense.

En Inde, il est courant de s’absenter pour des fêtes religieuses sans en informer ses supérieurs. Une situation impensable en France ! Et pourtant, une simple connaissance de la place de la religion dans la société indienne permet d’éviter pas mal de conflits inutiles.

Coaching et Formation : quelles différences ?

La formation repose sur la transmission d’un savoir-faire, sans prise en compte de la perception spécifique et personnelle de la personne. Dans une formation interculturelle, l’objectif est de transmettre des informations sur le pays d’accueil : présentation générale, vie quotidienne, does and don’t utiles pour s’intégrer. La formation est centrée sur la destination.

Le coaching est un accompagnement d’une personne en partant de sa perception personnelle. Dans un coaching interculturel, on s’attachera d’abord à comprendre l’identité culturelle de chaque personne, qui est souvent diverse. En partant de cette expérience personnelle, on analysera en quoi les valeurs de la nouvelle culture seront des points d’appui, ou des obstacles pour le coaché. Enfin, chacun construira son plan d’action pour mieux s’adapter dans son nouveau pays.

L’intérêt d’un programme interculturel pour l’entreprise

1. Disposer d’un salarié opérationnel et d’équipes multiculturelles performantes

Mieux informé des us et coutumes professionnels, le salarié va être plus rapidement opérationnel. C’est évidemment un gain de productivité non négligeable pour l’entreprise.

Edouard Vagogne témoigne : « je pensais que le fait de parler espagnol serait une aide suffisante pour mon intégration professionnelle au Mexique. En prenant conscience des différences culturelles et du temps qu’il me faudrait pour les intégrer, je me suis naturellement tourné vers la direction de la mobilité internationale d’Alstom en leur demandant une formation en interculturalité. On m’a répondu qu’elle n’existait pas. Aujourd’hui, celle-ci a été intégrée au processus d’accueil dans le pays car nous avons été plusieurs à remonter nos difficultés. Le gain de temps est énorme ».

2. Retenir les talents locaux

Recruter et garder les meilleurs cadres locaux, notamment dans des pays où ils sont peu nombreux, est souvent un enjeu essentiel pour une multinationale. Or, la gestion du facteur culturel est indispensable pour retenir les employés à haut potentiel et éviter un turn-over trop important, préjudiciable à la performance de l’entreprise.

Cette dernière peut également ternir son image du fait de l’incapacité de certains managers à prendre en compte les différences culturelles au sein de leurs équipes. Là encore, un coaching interculturel, avant le départ d’un expatrié, peut grandement réduire le risque pour l’entreprise.

Edouard Vagogne, poursuit : « une formation interculturelle aidera à anticiper certaines situations cocasses, bien sûr. Mais le plus important, c’est d’en tenir compte dans le management. La vraie question c’est : ‘quelle est ma valeur ajoutée en tant que manager pour faire évoluer mes équipes et former les managers de demain ?’. Personnellement, c’est en prenant le temps de comprendre la culture des salariés mexicains, leurs habitudes (la peur de se tromper, la peur de dire non, une vision autoritaire de la hiérarchie) que j’ai réussi à trouver les clés pour les faire avancer. En ayant toutes ces petites clés culturelles en main, je peux dire aujourd’hui que les choses avancent et que le sens de l’engagement dans mes équipes est meilleur ».

3. Éviter l’échec d’une expatriation coûteuse

Enfin, on sait que l'expatriation d’un salarié est une opération coûteuse pour une entreprise. Cela est d’autant plus vrai lorsque cette expatriation se solde par échec, faute d’une bonne préparation du salarié, mais aussi de sa famille, aux défis culturels qui les attendent. Offrir une formation en interculturalité à l’expatriation et à sa famille, avant une expatriation, est donc un investissement indispensable.

formation interculturelleExpatriation et culturel.
L’avis du Coach Expat Communication

Sara Gallinari est interculturaliste, et anime des coachings « Intelligence Interculturelle » chez Expat Communication.

1. L’expatriation est un projet de vie, à aborder en couple voire en famille, si l’âge des enfants le permet

2. L’expatriation est une expérience à 360°, professionnelle et personnelle. Dans la mesure où les conditions du pays le permettent, profitez-en pour explorer, découvrir, tisser des nouvelles relations avec les collègues locaux. Le cercle des expatriés peut fournir du confort à des certains moments mais risque de vous empêcher de plonger dans la culture locale.

3. La culture d’une organisation peut être aussi forte que celle d’un pays. Chaque entreprise a ses valeurs et ses codes, qui ne sont pas forcément clairement explicités, notamment dans le cadre d’un mouvement siège-filiale et vice versa. Cherchez à le comprendre rapidement en observant les comportements, en écoutant les propos, en prêtant attention à comment on travaille ensemble. Sachez aussi poser les bonnes questions et identifiez tout de suite vos potentiels « alliés d’intégration ».

4. L’expatriation peut être limitée dans le temps, mais ses effets sont durables. Si vous vous prenez vraiment au jeu : soyez prêts quand vous rentrerez dans votre pays ou vous partirez pour des nouvelles découvertes, les anciens collègues, la famille et les amis n’auront pas forcément changé mais vous si.

5. L’expatriation peut aussi devenir définitive ou un style de vie, sans que vous l’ayez forcément décidé avant. D’où l’importance de bien l’avoir préparée au point n°1 !

Sara Gallinari est interculturaliste, Certifié par la Coach Academy d’Expat Communication.
Pour la contacter : sara.gallinari@expatcoachacademy.com

Parce qu'un départ en expatriation ne s'improvise pas, Expat Communication accompagne depuis 2001 chacun des acteurs de la mobilité internationale sous la devise « Together, we care for expats » et propose :

  • Des stages départ : un accompagnement indispensable pour préparer son départ et faciliter son adaptation sur place.
  • Des stages retour : une journée pour les collaborateurs ou pour les conjoints, pour faire le point. Relire son expatriation, avancer sur ses projets de retour et échanger avec d’autres personnes qui sont dans la même situation. Une bulle d’esprit expat avant de plonger dans le bain du retour.
  • Un accompagnement individuel : une coach, ancienne expatriée elle-même, vous aide à élaborer et mettre en œuvre votre projet. Service disponible à Paris ou par skype avant votre retour. Vous n'êtes pas sûr de vous ? Expat Value vous propose 30 minutes pour décider.
  • Le job booster cocoon (Retour à l’emploi après une expatriation ): des groupes d’expatriés, hommes et femmes, boostent leur carrière en s’entraidant pour définir et obtenir le job de leurs rêves. Pour garder l’esprit innovant, débrouillard et solidaire de l’expatriation qui fera rebondir leur carrière. A Paris et à San Francisco.

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