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Petit guide de survie à lire absolument si votre conjoint cherche du travail

Petit guide de survieAu cours d’une mobilité internationale, il est rare que les deux membres d’un couple trouvent du travail en même temps et dans la même destination. Pour arriver à conjuguer couple et mobilité, il est donc fréquent que l’un des deux cherche du travail à l’arrivée en expatriation ou au retour. Pour celui qui est au chômage, cette période est évidemment compliquée. Mais pour l’autre aussi, ce moment peut s’avérer inconfortable. Voici quelques clés pour faciliter cette traversée périlleuse.

Comprendre ce que l’autre traverse

Rien de commun entre votre journée harassante au bureau et celle de votre dear one demeurée[1] seule à la maison. En rentrant le soir, alors que vous aspirez au calme et à la détente, souvenez-vous une seconde de son quotidien.

Vous êtes débordé ? Entre les mails, les appels et les collègues qui passent, vous ne savez plus où donner de la tête ? Et bien chez elle, c’est le temps mou. Plus de sollicitations. Plus d’urgences. A la place, une exigence diffuse de chercher une aiguille dans une botte de foin, dans le silence sourd du téléphone devenu muet et devant un écran Outlook désespérément vide.

Perdre son travail à notre époque signifie perdre une part de son identité. A la question « Que fais-tu dans la vie », on répond « je suis médecin » ou « jardinier ». Alors, il faut beaucoup de personnalité dans un dîner pour supporter que la conversation vous passe au-dessus parce que vous avez bafouillé une réponse obscure à cette question.

Si seulement on savait combien de temps cette période allait durer, alors, elle s’intitulerait « vacances ». Malheureusement, les recherches d’emploi des expatriés sont souvent longues (voir nos enquêtes) et les reconversions nécessaires. Cette durée s’accompagne alors souvent de doutes, remises en question et réinvention.

Cette perte de confiance est aggravée par le fait que l’on connaît mal les codes du marché local ou du pays dans lequel on revient. Chercher du travail est un travail à temps complet dans lequel les expatriés avec leurs brillants parcours ont rarement eu l’occasion de s’exercer.

Voilà en quelques mots sommaires un quotidien bien loin du vôtre.

boutons NL EVSe livrer à un délicat numéro d’équilibriste

Alors, évidemment, comme vous êtes une belle âme, vous voudriez l’épauler. Mais ce n’est pas simple car il faut naviguer sans cesse entre des écueils contraires.

  • Harcèlement et indifférence, ou comment prendre des nouvelles sans sembler intrusif. Vous savez les tempêtes que peut déclencher un « comment s’est passée ta journée ? » si l’accent n’était pas mis au bon endroit.
  • Conseils et silence, ou l’art d’être utile sans sembler condescendant.
  • Confiance et réalisme, ou l’importance d’encourager sans devenir un Bisounours et sans sombrer dans le cynisme, surtout quand votre collègue vient de vous planter un couteau dans le dos.
  • Stimulation et abandon, ou le difficile dosage entre l’inciter à se bouger ou laisser du temps au temps. Dans un cas, on se fait rembarrer ; dans l’autre, on peut laisser l’autre s’enfoncer.

Le pilotage est donc délicat, beaucoup plus subtil en tout cas que l’humeur de votre dear one qui oscille entre euphorie et abattement, optimisme débridé et désespoir inconsolable.

Miroir, mon beau miroir

Comment avancer sur ce terrain piégé et souvent explosif ? Une image vous sera peut-être utile : devenez un beau miroir. Inutile de donner des conseils par dizaines. Essayez (c’est si difficile) d’écouter et de reformuler pour aider l’autre à s’exprimer et à construire son projet. Et à cette image que vous renvoyez, vous pouvez rajouter juste un tout petit peu plus de lumière ; un léger encouragement, un compliment subtil, le rappel d’une de vos raisons de l’admirer, mais pas trop. Et voilà, vous êtes devenu un beau miroir.

Et si vraiment Dear one est trop imbuvable ou inconsolable, n’hésitez pas à déléguer à ses amis ou sa famille ; la tâche est lourde, vous n’y suffirez pas tous les jours.

Une plongée qui approfondit l’amour

Evidemment, cette traversée n’est pas un long fleuve tranquille. C’est un dépouillement ; on découvre l’autre dans sa faiblesse. Et ce n’est pas forcément sa facette la plus sexy. On atteint en prime ses propres limites ; qui a compté les phrases qu’on n’aurait pas voulues dire dans cette période, mais qui sont quand même sorties.

Mais foi de Tante Sophie (l’héroïne du livre « Chéri (e ) on s’expatrie »), cette épreuve, provisoire et surmontable, est une belle occasion d’apprendre à communiquer et à s’encourager. C’est une crise certes, mais elle peut être de celles qui font grandir votre connivence et votre amour.

Et qui sait, dans trois ans, les rôles seront peut-être inversés. Alors, ce sera à vous de lui rappeler cet article !

 

[1] Bon, je ne sais pas si votre conjoint est un homme ou une femme, pas plus que je ne sais ce que vous êtes-vous. Comme je parle de votre moitié, je la mets au féminin.

Portrait Alix Carnot

 

 

Directrice Associée chez Expat Communication - Auteur de Chéri(e) on s'expatrie

 

Article issu d’un afterwork du Job Booster Cocoon dans lequel nous avons beaucoup pensé à tous ceux qui étaient trop loin pour venir.

Pour aller plus loin Expat Value vous conseille également de lire :
« Chéri(e) c’est vraiment super que tu aies trouvé un job, mais… »
Les conjoints en expatriation

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