Entrepreneuriat Portraits d’expats entrepreneurs

Vivre à l’étranger : LE tremplin pour se lancer !

Marie_Emilie_etevenardPortrait de Marie-Emilie, devenue expat entrepreneur en Australie.

Marie-Emilie, habite à Melbourne depuis octobre 2017. 41 ans, mariée, 2 garçons de 12 et 8 ans. Elle a fait des études en ressources humaines (IGS). Marie-Emilie a travaillé pendant de longues années dans différentes structures pour accompagner les entreprises sur la façon dont elles pouvaient répondre à leur obligation d’emploi de travailleurs handicapés.

Après 10 ans dans ce secteur, elle a souhaité changer d’orientation, et a travaillé pendant 3 ans comme chargée des relations entreprises pour une école d’ingénieurs. Elle a quitté ce poste en septembre 2017 pour suivre son mari en Australie.

Quel est votre parcours d'expat ?

L'Equateur

Dès que j’ai été diplômée, j’ai fait le choix de ne pas entrer de suite sur le marché du travail. J’ai alors décidé de consacrer un an de ma vie à une expérience de bénévolat. Je suis donc partie en Amérique du Sud, en Equateur plus précisément, comme professeur de français bénévole entre septembre 2000 et septembre 2001. J’étais logée, nourrie et blanchie.

Cette expérience « professionnelle » en Equateur, même s’il s’agit de bénévolat, a été difficile au début. Je quittais le cocon familial, des amis, une forme de confort matériel aussi, pour aller au-devant d’une population très défavorisée, dont je ne connaissais pas les codes, la langue. Alors les débuts m’ont fait profondément douter de ce choix, mais après quelques mois, j’ai pris mes marques, et cette année passée là bas aura été superbe !

L'Australie, une première fois - pas de job

Une nouvelle expatriation a eu lieu entre septembre 2005 et février 2008. Jeunes mariés, mon mari et moi sommes partis en Australie, à Melbourne, une première fois, et puis nous y sommes de retour depuis octobre 2017.

Je n’y ai pas trouvé de job, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mes recherches en ressources humaines n’ont pas abouti. J’ai travaillé quelques mois dans une boutique de prêt à porter féminin français. Et puis ne trouvant pas de job correspondant à mon cursus, nous avons fait le choix de rentrer en France, pour moi.

L'Australie, une seconde fois

Création activité

Aujourd’hui, pour cette seconde expatriation à Melbourne où nous sommes installés depuis un peu plus d’un an, au regard de ma première expérience, j’ai pris la décision de créer ma propre activité.

Le_pot_de_moutarde_logoLa création du Pot de Moutarde date de 5 mois environ. Il s’agit de proposer de la cuisine française que je prépare depuis chez moi et que je livre à mes clients ou bien qu’ils viennent chercher (entrées, plats, desserts, au choix).
L’objectif était pour moi de conserver une activité professionnelle tout en étant à la maison pour continuer à m’occuper de mes enfants pendant cette expatriation. Et cette fois-ci, de pouvoir travailler dans un domaine qui me correspondait.

Une longue maturation de mon projet

Mais le chemin pour en arriver là a été long, il m’aura fallu près de 9 mois pour arriver au bout du projet. L’idée, je l’ai depuis plus de 12 ans, dès notre première expatriation, j’y avais pensé. Mais le projet n’avait pas abouti, car à l’époque j’étais jeune maman, je manquais de confiance en moi pour me lancer et sans doute que l'idée nécessitait de « maturer » un peu.

En arrivant ici, j'ai d'abord attendu que nous soyons bien installés et que tout le monde ait pris ses marques.  Puis j'ai fait un coaching à distance  pour lever mes derniers freins. Et puis je me suis lancée.



Une formation obligatoire pour obtenir l'agrément de la mairie - Passer à l'action

La première étape était de suivre une formation, obligatoire ici sur l’hygiène alimentaire. Sans quoi je ne pouvais pas obtenir l’agrément de ma mairie pour me lancer officiellement.

En parallèle, j’ai démarré le contenu de mon site web. Ce travail s’est avéré très long, difficile, car je ne maîtrisais pas du tout les outils pour le réaliser. J’ai donc tâtonné pas mal, avant d’appréhender l’outil (Wix) et définir les contenus, le graphisme, etc.

Il a fallu aussi que je fasse faire un logo. Le réseautage m'a permis de rencontrer une graphiste qui a travaillé avec moi sur ce sujet. C’était génial cette étape : recevoir les 3 propositions de logo, et devoir choisir, se mettre dans la peau d’un client et essayer de juger de la pertinence de tel ou tel logo.

abonnez-vous-a-la-weekly-encart-fxp-300x213Choisir, identifier, puis essayer, et réessayer les recettes étaient également une étape indispensable pour être prête au moment du démarrage. Valider les quantités, calculer tous les prix de revient, définir les prix de vente.

Renoncer à un photographe professionnel pour les photos sur le site internet a été une décision difficile à prendre. Mais les investissements réalisés pour lancer le business ne me permettaient plus de recourir à ce type de service.

En effet, la formation, le matériel de cuisine, l’agrément de la mairie, la réalisation du logo, la mise en ligne du site, prendre une assurance professionnelle faisaient partie des dépenses obligatoires. J’ai donc endossé le rôle de photographe en plus de webmaster, cuisinière, comptable, etc pour mener à bien ce projet.

Le lancement

Le lancement a pris 1 mois de retard en raison de problèmes avec l’administration australienne. Cette période de latence m’a cependant mis les nerfs en vrac. J’étais prête et je me retrouvais bloquée sans rien pouvoir faire. On apprend la patience. Il y a ce que l’on maîtrise, ce sur quoi j’avais la main et il y a les aléas qu’il faut accepter.

Et puis une fois toute ces étapes franchies, j’ai enfin pu ouvrir un compte professionnel. C'était la dernière étape avant de pouvoir dire : « Ca y est, c’est bon, tout est prêt ! »



Le site a été mis en ligne fin août 2018. J’ai communiqué sur Facebook pour l’annoncer, sur les différents groupes auxquels j’appartiens sur ce réseau. Et une première commande par une amie française m’a permis de me mettre en conditions réelles ! Par la suite, pour continuer le travail de « publicité », j’ai créé une page facebook et un compte Instagram (je ne maîtrisais pas du tout ce dernier réseau social et il a fallu apprendre là encore, non sans quelques difficultés !).

L’expatriation offre par ailleurs la chance incroyable de pouvoir s’appuyer sur sa communauté. Ainsi, j’ai fait une dégustation à l’occasion d’une réunion de l’association Melbourne Accueil, qui m’a ensuite ouvert les portes d’une école française qui a fait appel à moi pour assurer une partie traiteur de leur vingtième anniversaire.
Ensuite le bouche à oreilles, un article dans le courrier Australien, un autre sur le blog du Consulat Général de France, une annonce dans le journal de l’école de mes enfants, des démonstrations de cuisine à l’occasion d’un important festival français à Melbourne (Paris to Provence French Festival). Bref, tout est allé très vite, et le bilan après 4 mois est très positif. Je ne regrette pas d’avoir créé mon activité, d’être devenue entrepreneuse !

Etre à l’étranger, a été LE tremplin pour me lancer. Je serais restée en France, je n’aurais jamais osé le faire, c’est aussi simple que ça.
Je suis convaincue que créer ma propre activité m’a fait sortir de ma zone de confort. Elle fait jaillir, chez ceux qui se lancent, des compétences, une énergie, des ressources et une volonté incroyable, parfois même insoupçonnée… Ce sont autant d’acquis qui pourront être mis à profit pour d’autres expériences. Notamment lors du retour en France, lorsqu'il faudra se confronter de nouveau au marché du travail !

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