Entrepreneuriat Portraits d’expats entrepreneurs

Une expat entrepreneuse à Abu Dhabi !

Abu DhabiClotilde, est psychologue de formation (Ecole de Psychologues Praticiens – option santé et société en 5ème année). 39 ans, mariée, 4 enfants, elle rentre de 5 ans passés à Abu Dhabi aux Emirats Arabes Unis où elle a suivi son conjoint. Depuis septembre 2017 ils sont de retour en France. L'occasion pour Clotilde de nous partager son expérience pro là-bas, mais aussi la suite, de retour en France.

Un départ pour une "courte" expatriation

"Partis initialement aux UAE pour une mission de 18 mois, la question de reprendre là-bas une activité professionnelle ne s’est pas vraiment posée. D’autant plus que j’attendais notre 4ème enfant.

Ayant toujours travaillé, cette expérience fut donc perçue au départ comme une belle parenthèse. Cela me permettrait de faire un break dans ma vie professionnelle, de profiter pleinement de ce nouveau pays et de mes enfants.

Tel fut le cas la première année où, passé les quelques difficultés liées à l’installation, j’ai mené la vraie vie de « femmes d’expat ». C'est un pays où la vie est très agréable : vie sociale dense, « week-end vacances », du temps pour moi car très aidée à la maison.

Finalement l'expat se prolonge

18 mois plus tard, mon mari démissionne de son entreprise française pour accepter un contrat local. Décision que nous avons prise à deux. Certes. Mais qui a provoqué chez moi deux sentiments contradictoires : enthousiasme de continuer cette belle expérience, mais également appréhension de m’inscrire dans ce rôle de « femme de » et d 'abandonner une vie professionnelle qui me plaisait beaucoup en France.

J'ai en effet travaillé plusieurs années en banque. Tout d’abord en Recrutement, puis en Gestion de Carrière. Je suis ensuite devenue consultante au sein d’un cabinet RH. J'y faisais de l’accompagnement à l’emploi dans le cadre de plans sociaux, du conseil auprès des entreprises sur des questions RH et enfin et surtout des bilans de compétences et d’accompagnement à la mobilité dans le cadre de changement d’orientation professionnelle.

Une carrière donc très orientée Ressources Humaines, excluant l’aspect psychologie clinique que j’avais pourtant beaucoup étudiée lors de mes 4 premières années d’études à l’Ecole des Psychologues Praticiens.

Le fait de ne plus avoir de date de retour m’a très clairement motivée pour repenser ma vie professionnelle aux Emirats. Il était très important pour moi, dans la mesure où nous nous installions plus définitivement à Abu Dhabi, de retrouver une activité professionnelle.

Retrouver une activité professionnelle

De prime abord, il m’a semblé impossible de continuer à Abu Dhabi ce que je faisais en France. La dimension RH est très peu présente encore aux Emirats. Mon niveau d'anglais ne me semblait pas suffisant dans un cadre professionnel. Quant à la législation locale, elle compliquait également une éventuelle embauche. Bref, la liste des freins était longue.

Créer ma propre structure : inconcevable ! J'ai effectivement toujours considéré que je n’avais aucun talent d’entrepreneur. La partie commerciale me semblait insurmontable et travailler toute seule m’inquiétait.

Les choses ont donc avancé doucement jusqu’au jour où l’on m’a proposé un poste de psychologue clinicienne au sein de la base militaire française d’Abu Dhabi. La psychologie clinique n’étant pas ma spécialité, j’ai un peu hésité mais me suis finalement assez vite lancée estimant qu’il s’agissait d’une occasion unique d’ajouter une corde à mon arc. D’autant plus que c’est un poste auquel je ne pourrais jamais prétendre en France compte-tenu de ma « coloration » RH.

Toutefois, ma formation initiale restait en adéquation avec ce poste. Il a juste fallu « me remettre à la page » sur certains sujets. Pour cela je me suis replongée dans mes cours, complétés par diverses lectures sur des sujets précis.

Ce fut 4 années très riches où j’ai découvert un nouvel univers et développé des compétences spécifiques que je n’avais jusqu’alors jamais approfondies.

Ce poste m’occupait une journée par semaine, il me fallait trouver autre chose

Dans le cadre de cette activité de psychologue, j’ai très vite constaté les difficultés spécifiques à l’expatriation des conjoints « suiveurs » autant sur un plan personnel ( perte de repères, solitude, remise en question, etc) que sur un plan professionnel .

Ainsi, la question du bilan de compétences et de l’accompagnement au changement est naturellement revenue. Motivée et confortée par la satisfaction que me procurait mon poste à l’armée, j’ai réévalué mes forces et mes faiblesses pour me lancer dans la création de ma propre structure.

Cette création s’est trouvée largement facilitée par le « flou législatif » encore assez présent aux UAE pour ce type de projet. Dans la mesure où je générais un chiffre d’affaire raisonnable, que j’exerçais chez moi, en B to C auprès de la communauté française, et sur une activité de consultante ( le diplôme de psychologue n’étant pas reconnue aux UAE) , j’avais une certaine souplesse quand à l’enregistrement de mon activité.

En revanche, dans le cadre d’une activité en B to B et plus exposée au niveau de la communication, il est préférable de s’enregistrer ; ceci pouvant se faire très facilement par l’intermédiaire des free zones très présentes aux UAE ( à Abu Dhabi mais également dans d’autres émirats, Fujeirah, Ras El Kaima, etc.)

Faire connaître ma petite entreprise

Le bouche à oreille a dans un premier temps été mon principal vecteur. C'est lagrande force du réseau expat ! Puis au fur et à mesure que mon activité se développait, j’ai crée des liens privilégiés avec les différents acteurs francophones présents à Abu Dhabi. Notamment avec le French Buisness Group, Abu Dhabi Accueil et le lycée français qui ont très facilement relayé mon activité.

Présence également sur les réseaux sociaux, création de flyers, et un article dans un magazine francophone.

Tout cela a permis une croissance rapide de mon activité. Progressivement mon appréhension sur la partie plus commerciale s’est estompée et tous les freins que j’avais au départ n’étaient finalement que de bonnes excuses !

Enfin, j’ai vite constaté une forte demande des parents quant à l’orientation scolaire. J’ai donc développé des bilans d’orientation scolaire dédiés aux lycéens en réflexion sur leurs études supérieures et leur métier de demain. C’est un projet qui m’a beaucoup plu et qui m’ouvre de nouvelles perspectives maintenant.

C’est ainsi que CAP EXPAT est né

Grâce à cette activité, j’ai rencontré des profils professionnels très variés et des parcours de carrière riches et atypiques. J’ai ainsi ajouté à mon expertise initiale, l’accompagnement spécifique lié à l’expatriation qui répond à d’autres questions que celles que l’on se pose en France.

J’ai également organisé en local des « cafés expat » au sujet de problématiques bien spécifiques : réussir son expatriation, gérer le retour, accompagner les enfants.

Avec le recul, je suis maintenant persuadée que vivre une expatriation est une opportunité unique pour se réinventer professionnellement et/ou élargir son expertise. C’est le moment idéal où l’on peut rompre avec ses a priori ou ses craintes. On dépasse déjà tellement ses limites sur le plan personnel que cela donne des ailes pour les surpasser sur le plan professionnel. Évoluer dans un environnement moins concurrentiel, souvent plus bienveillant parce que tout le monde « est dans la même barque » , avec parfois moins de contraintes administratives, aident certainement aussi à réaliser ses projets.

Aujourd’hui, je reste dans cette dynamique et pérennise mon activité autour de l’orientation scolaire, essentiellement pour tous les jeunes expatriés."

 clotilde de marsacClotilde de Marsac
CAP EXPAT - CAP ORIENTATION
cldemarsac@yahoo.fr

 

 

Retrouvez tous les services d'accompagnement d'Expat Communication ici

Laisser un commentaire

Connexion en tant que membre