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Sixtine, coach académique et coach en orientation professionnelle aux US

Sixtine_gontierLors de ses conférences aux Etats-Unis, Alix Carnot a rencontré Sixtine Gontier, la présidente de San Francisco Bay Accueil. Sixtine au fil des expats est devenue coach académique et coach en orientation professionnelle. Interview passionnante sur son métier, sa formation et de bons conseils si vous êtes parent d'ado ou que vous souhaitez vous former au coaching !

Le métier de coach académique et coach en orientation professionnelle

Je travaille avec des adolescents et jeunes adultes qui ont des difficultés scolaires, qui ne savent pas quel métier ils veulent faire. Ils se sont trompés de voie ou bien ne savent pas quoi faire avec les études qu’ils font ou ont faites.
Mon métier consiste à les aider à y voir plus clair (qu’est-ce qui sera pour toi un sujet de satisfaction ?), analyser et gérer ce qui bloque (qu’est ce qui fait que tu ne l’as pas déja atteint ?), s’appuyer sur leurs ressources internes et externes (qu’est-ce que tu as dans ta boite à outil ?) et déterminer les étapes pour y arriver (quel serait un objectif minimum ? Puis le suivant ?). Chacun à son rythme !

Je travaille par skype essentiellement, car mes clients sont un peu partout dans le monde : Angleterre, France, Pologne, Cote Est et cote Ouest des US, Antilles, etc. Pour communiquer, j'utilise mon site créé sur Weebly et facebook.

Du droit au coaching

J’ai fait mon droit à Nanterre avant de réaliser que ça n’était vraiment pas fait pour moi. J’ai voulu me ré-orienter et j’ai passé les concours d’éducateurs specialisés. Je devais faire ma rentrée en Septembre, mais mon mari a été muté en Ecosse, puis en province, puis en région parisienne et enfin à San Francisco.

A Paris nous avons été pendant 5 ans famille d’accueil pour l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque. J’ai été bluffée par la résilience, la capacité d’adaptation et de lâcher prise des jeunes que nous avons accueillis.
4 enfants devenus ados et 4 déménagements plus tard, en gardant en tête qu’il pourrait y en avoir d’autres prochainement, j’ai décidé de me faire accompagner par un coach pour “poser mes valises” et réfléchir à “ma” suite !

Forte de mes “essais”, transformés ou non, des ces accueils si formateurs, habitant au cœur de la Sillicon Valley, le coaching s’est plus ou moins imposé à moi.

J’ai fait une première formation pour découvrir le coaching, CTI (The Coaching Training Institute) à San Raphael au nord de San Francisco, pour ensuite me spécialiser dans l’accompagnement des jeunes avec The Academic Life Coaching Program (dans l’Oregon) et enfin la formation en Orientation d’Elevatio en France.
Aujourd’hui je me forme à l’approche systémique de l’école de Palo Alto.

L'expatriation élément fédérateur

Se former au coaching en Californie, c’est un peu comme apprendre à surfer à Hawaï ou Tahiti…. L’endroit y est propice. Je ne savais pas particulièrement ce qu’était le coaching avant d’arriver et soyons honnête le mot est un peu galvaudé en France. Je ne compte plus les remarques du genre “ah oui c’est le mot à la mode, tout le monde est coach aujourd’hui”, alors qu’aux Etats-Unis il est beaucoup plus valorisé.

Ayant déménagé plusieurs fois en quelques années, nous sachant encore susceptibles de bouger, je voulais trouver un métier qui me permette de faire ce que j’aime (accompagner/ aider/accueillir) mais aussi d’être mobile. J’ai trop d’amis autour de moi qui doivent se réinventer en permanence pour travailler car leurs formations ne sont pas reconnues dans leur pays d’accueil !

Quelles différences entre les jeunes Américains et jeunes Français ?

C’était important pour moi de me former dans les 2 pays. Les différences culturelles entre les US et la France ne sont pas un mythe. Je remarque que je n’utilise pas toujours les mêmes outils pour les clients Américains et les clients Français.
Mes jeunes clients Français sont en général pragmatiques, ils aiment remplir des tableaux, avoir des exercices concrets à faire, poser des questions autour d’eux et revenir avec des données.
Mes clients Américains vont être plus dans l’émotion, dans l’analyse de leur intuition, ils vont être plus sensibles aux métaphores, aux encouragements.

Autre différence, les “cousins d’Amérique” apprennent dès leur plus jeune âge à parler en public, à “se vendre”, à argumenter. Les Français sont plus timides de ce point de vue là, par contre je remarque qu’ils ont en général un plus gros réseau sur lequel s’appuyer. L’un des exercices d’orientation que j’utilise très souvent c’est un genre de 360 degrés où ils doivent envoyer un questionnaire les concernant à 5-6 personnes de leur entourage. Le jeune Américain ne saura pas vraiment vers qui se tourner, alors que le Français n’aura aucun mal à trouver plusieurs personnes.
Je n’aime pas trop les généralités mais il y a des patterns qui émergent tout de même.

Quels conseils à quelqu’un qui voudrait faire ce métier là ?

Il est indispensable de bien se former au coaching (formation reconnue par la Fédération Internationale de Coaching).
Il existe un panel impressionnant de formations qui ont toutes leurs spécificités. Renseignez-vous bien avant de choisir, car toute formation sérieuse coûte relativement chère. Et attention, le coaching est également un business très lucratif, ne vous laissez pas embarquer dans toutes les formations que les écoles vous proposeront. Les coachs sont de très bons clients pour toutes ces écoles, elles l’ont bien compris !
Choisissez une philosophie qui vous parle et lancez-vous ! Vous pourrez toujours compléter votre formation au compte-goutte par la suite.

Autre aspect important : la supervision. Une fois que vous aurez une formation solide, et que vous commencerez à pratiquer, trouvez-vous un bon superviseur pour vous aider dans votre pratique.

Quels conseils aux parents d’un ado qui cherche sa voie ?

Leur avenir stresse généralement les jeunes et ils ne se projettent pas forcément dans un emploi “à vie”. Souvent ils me disent que nous (les parents) ne leur donnons pas envie avec nos rythmes effrénés et qu’ils sont prêts à gagner moins bien leur vie que leurs parents pour gagner en qualité.

Certaines études montrent que 85% des métiers de 2030 n’existent pas encore et que les jeunes de la génération Z changeront de 8-13 fois de métiers au cours de leur vie professionnelle.
Souvent, lorsque je donne ces informations, je vois le jeune se détendre d’un seul coup et je remarque que ce changement de perspective est libérateur pour amorcer un travail d’orientation de façon plus sereine, donc plus efficace.
Alors accompagnons nos jeunes en faisant confiance à leur curiosité, leur capacité d’adaptation, de flexibilité et encourageons-les à développer leur résilience et leur singularité dans ce contexte changeant.

Pour aller plus loin :
Vidéo de présentation par l'équipe de San Francisco Business Accueil.
Les services d'accompagnement d'Expat Communication si vous réfléchissez à un nouveau projet professionnel en expat ou de retour en France.

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