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Retour d’expat, Alexandra créé le Podcast « La p’tite chronique lumineuse »

Alexandra UghettoSi l’on m’avait dit en 2014 que je témoignerais quatre années plus tard sur Expat Value pour expliquer que notre expatriation avait apporté de la valeur à ma vie professionnelle… je ne l’aurais pas cru. Parce qu’à l’époque, j’ai vécu cette aventure comme une catastrophe personnelle.

Parisienne et ravie de l’être, j’avais réussi le challenge de quitter un grand groupe 4 ans plus tôt pour créer une activité Free Lance prospère. Tout en dégageant du temps pour m’occuper de nos jumeaux nés en 2009. J'ai pendant 15 ans été sociologue en entreprise où j'ai entre autre mis en place un département dédié à l' accompagnement du changement. J'avais de fait une casquette RH - Gestion de projet et méthodologie.

En 2009 entre la naissance à venir de mes jumeaux et une restructuration de mon entreprise, j'ai décidé de profiter d'un plan de départ pour monter ma propre structure. J'ai donc créé ma SARL de sociologue et consultante en accompagnement du changement, management de projet et gestion de priorités. De 2010 à 2013 j'ai énormément travaillé et ma boîte marchait plus que bien ! En revanche, l'équilibre vie pro / vie perso n'y était pas.

J'ai donc décidé de faire décroître mon activité pour retrouver un équilibre de vie et bien m'en a pris !

Une expatriation en Tunisie

Donc lorsque mon mari m’a parlé de l’éventualité d’un poste en Tunisie, je lui ai d’abord dit un non plus que ferme ! Nous venions à peine de retrouver un équilibre...je n'étais pas prête à un nouveau changement. Et puis, face à l’évident boost que ça représentait pour sa carrière, j’ai finalement accepté. Franchement, la mort dans l’âme.

Comme j’avais peur de perdre tout ce que j’avais construit professionnellement parlant, j’ai passé un deal avec mon conjoint :

  • Je serai absente une semaine par mois pour pouvoir travailler à Paris et maintenir autant que faire se peut ma base client ;
  • Je profiterai moi aussi de cette parenthèse pour écrire un livre que j’avais en tête depuis longtemps. Ce qui voulait dire que j’avais besoin de temps sur place et qu’il ne serait pas question de remplacer mon boulot par de la charge logistique et familiale.

Et pour les reste, ça serait à charge de revanche lorsque j’en aurais besoin !

Une organisation en amont

Le départ en expat était donc prévu en famille à l'été 2014. Bien évidemment les choses n'ont pas été aussi simples et mon mari à dû s'y rendre dès le mois de mars. A moi toute  l'organisation logistique du départ ! Gérer les travaux en vue de la mise en location de notre appartement, le déménagement, les jumeaux et mes clients. J'ai mis les bouchées doubles auprès de certains clients pour pouvoir finir mes missions avant mon départ. Et communiquer auprès des autres pour expliquer que je travaillerai désormais à distance et serai présente à Paris seulement une semaine par mois.

M’adapter à ma nouvelle vie a été difficile

Une fois sur place, les aller et retours quotidiens vers l’école éloignée de notre maison réduisaient ma journée à une minuscule peau de chagrin. J’avais un slot de 6 heures pour tout caser. Les démarches administratives multiples. La nouvelle organisation de mon travail. Et l’accompagnement en douceur de mes clients vers toutes les contraintes logistiques que je leur imposais… Sans parler des semaines d’attente pour avoir internet et de l’incroyable isolement dans lequel ce détail technique m’avait plongée.

Bien sûr qu'arriver en expat avec mon job dans mes valises a été plus que bénéfique. Et ces retours mensuels à Paris, bien que très denses, furent une vraie soupape. Malgré tout, ce fut une haute lutte de ne pas me faire happer tout entière par mon moral en berne. Mais vaille que vaille, j’ai tenu le cap et je n'ai pas lâché.

Me faire accompagner

Fort heureusement, j’avais eu la souveraine idée de m’offrir juste avant de partir un stage de développement personnel au service, entre autres, de mon projet d’écriture. Quelle idée fabuleuse ! Car oser écrire, c’était encore une autre bataille à gagner !

J’avais aussi acheté le programme de suivi collectif post stage sur un an, ce qui fut très précieux. Les appels collectifs, tous les 15 jours, m’ont permis de garder le cap et de prendre du recul. C’est très précieux de savoir se faire aider.

Et puis j’ai petit à petit créé ma propre méthode pour tenir dans la durée mes résolutions et mes engagements avec moi-même. J’ai importé dans ma vie toutes les techniques et outils que je maîtrisais si bien pour mes clients. Car après tout, mon projet d’écriture n’était pas moins important que celui d’une entreprise ! A moi les objectifs chiffrés, les plannings et les livrables… Et ça a marché, je l’ai écrit !

Bon, il n’a pas encore trouvé son éditeur et il est perfectible, c’est sûr, mais quelle extraordinaire victoire sur moi-même !

Cet accompagnement était aussi une manière de réfléchir à une activité totalement nomade. Peut-être qu'une expat suivrait encore ensuite ? Peut-être que ma SARL ne tiendrait pas le choc de la distance si nous devions partir dans un pays plus éloigné de la France ? Etre sûre de pouvoir garder mon indépendance financière qui est primordiale pour moi.

Un tournant dans ma carrière

J’ai mis dans un chapeau tout ce que je savais faire —dont l’écriture— et tout ce que j’aimais faire pour en faire sortir une activité toute neuve et toute différente : chroniqueuse en développement personnel !

J’ai créé une page FB, commencé à écrire un article, puis deux, puis je me suis prise au jeu ! Une idée en chassant une autre, j’ai créé un blog et puis récemment un podcast « La p’tite chronique lumineuse »…  Comme je me régale ! J’y mets toute mon énergie et beaucoup d’amour et ça marche !  J’aime écrire pour les femmes et leur mettre à disposition tout ce que je sais…

Une chose est sûre, aucun de ces projets n’aurait pu émerger si j’étais restée à Paris. Je n’en aurais pas eu le temps, mais surtout, pas forcément l’envie. C’est la perspective d’une vie expatriée qui m’a permis d’inventer quelque chose de nouveau, bien plus proche de qui je suis vraiment.

Retour en France

Finalement nous sommes rentrés en France après 3 ans ! Mais grâce à mon nouvel épanouissement nomade, mon mari a eu tout le loisir de choisir le poste qui lui convenait sans que ça ne soit compliqué à gérer pour moi. Du coup, à nous la forêt et les plages du Pas de Calais ! Région que nous ne connaissions pas du tout. Une nouvelle aventure !

Alexandra UGHETTO
Retrouvez ses podcasts ici

Outils pratiques à retenir :

- SARL (Société A Responsabilité Limitée);
- Projet d’écriture en ligne ;
- Projet professionnel : définir le business model ; la boite à outils des entrepreneurs expatriés ; le benchmark ;
- Bien réfléchir à ses propres aspirations et ne pas hésiter à se faire accompagner le cas échéant ;
- WordPress : créer un blog ; chat WordPress ; le groupe Facebook d'entraide WordPress ;
- Création d'un podcast : l’hébergement et la diffusion ; les flux RSS; pour avoir du bon son achetez un bon microphone et utilisez un logiciel de traitement sonore.

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