Mise en oeuvre Portraits d’expats entrepreneurs

« Dans le rouge » : Du burn-out à la quête de sens – hallucinations et démission d’un cadre supérieur

Remy_Genet Portrait

©FotógrafoLisboa.pt

Premier roman de Rémy Genet

Rémy a trente-deux ans, est marié et papa depuis un peu plus d’un an. Ex-cadre exécutif dans le secteur des hautes technologies, il a récemment troqué ses responsabilités de directeur technico-commercial pour les joies de l’écriture. Et son premier roman est sorti le 19 avril !

Quel est votre parcours d'expat ? Quel regard portez-vous sur le marché du travail des pays dans lesquels vous avez vécu, ainsi que sur l’expatriation en général ?

Tout a commencé par une année de licence en économie aux États-Unis. Je me suis ensuite expatrié en Chine dans le cadre d’une année de césure, puis je suis parti un an en Argentine pour y obtenir un master en gestion d’entreprise et ai finalement sauté à pieds joints dans la vie active, en Colombie. J’ai eu la chance de signer un contrat de Volontaire international en entreprise (V.I.E, qui contrairement à ce que son nom indique, fut rémunéré).
J’ai vécu en Colombie cinq ans, y ai rencontré ma femme. Nous sommes rentrés ensemble en Europe en 2015. Nous vivons désormais au Portugal, où j’ai dans un premier temps officié pour le leader mondial de la sécurité aux frontières avant de démissionner et d’écrire mon premier roman.

Dans les pays où j’ai eu la chance de vivre, il m’a semblé que les opportunités de trouver un emploi et/ou d’entreprendre étaient toujours latentes; les identifier et les saisir requiert toujours un effort, mais ceci est probablement vrai partout. Je suis en particulier bluffé par le sens aigu de l’entrepreneuriat de mes amis colombiens et portugais.

Je crois qu’un expat devrait s’appliquer à l’être le moins possible. Nous sommes Français, porteurs d’une culture forte et notre communauté est une valeur sûre d’entre-aide ; cependant, toute la beauté de l’expatriation réside dans la capacité de chacun à épouser les mœurs et coutumes d’autrui. Pour que l’expérience de l’expatriation soit mémorable, il nous faut sortir de notre zone de confort.
Je me dis qu’au contact de ces cultures et de ces personnes que je rencontre, j’ai la chance incroyable de grandir. Plus le choc culturel est important, plus on doit s’adapter, plus il est nécessaire, par volonté d’intégration et de consensus, de polir son comportement et de donner le meilleur de soi. Voyager est un apprentissage, l’écriture est un voyage, je m’y retrouve complètement.

Vous avez effectué une reconversion pro, racontez-nous. Avez-vous eu besoin de vous faire accompagner ?

J’ai assurément eu besoin de l’appui de ma femme. Plaquer dix ans de carrière pour écrire des romans est une décision qui affectait notre foyer. Son avis était aussi important que le mien dans cette affaire et si j’avais décelé la moindre inquiétude dans ses yeux, je serais probablement resté à mon poste. Je me suis lancé sans préparation particulière ; disons que mes années d’expatriation ont été une source intarissable d’inspiration.
J’ai ensuite reçu l’aide précieuse d’un ami dont l’art et la culture sont le cœur de métier. Ses retours de lecture furent un véritable levier d’amélioration de ma prose. En outre, quelques séquences importantes du roman sont liées à une œuvre d’art ; j’ai à ce titre pu compter sur l’avis d’une commissaire et critique reconnue dans ce milieu.

Couverture_dans_le_rouge

© Nadège Noisette

Bien que le roman ne soit pas autobiographique, j’y narre les péripéties d’un cadre expatrié au Portugal. Je crois avoir une certaine légitimité dans le domaine… D’un point de vue plus technique et n’étant pas de formation littéraire, j’ai simplement beaucoup travaillé. Il y a autant de versions de Dans le rouge dans mon ordinateur que de pages dans le livre. Tout ce qui ne passait pas l’épreuve du gueuloir de Flaubert était retravaillé. Toute digression, didascalie, dialogue ou description faisant perdre au récit son dessein premier était automatiquement supprimé. Ce fut un vrai parcours du combattant mais je n’ai jamais pris autant de plaisir à la tâche.

Comment avez-vous fait pour publier votre roman ? Comment peut-on se le procurer aujourd’hui ?

Le format numérique s’est imposé comme une évidence pour toucher rapidement les Français et francophones du monde. Je suis pour le moment autopublié (je fais appel aux services de la plateforme Librinova). Ceci étant, pour les inconditionnels du papier, "Dans le rouge" sera disponible d’ici peu dans sa version imprimée. Vous pourrez le commander sur les plateformes en ligne comme Amazon et FNAC et il sera également référencé chez 5 000 libraires en France métropolitaine.

Quels conseils pour ceux qui souhaitent se lancer ?

Écrire doit procéder d’un besoin ou d’une envie et doit procurer du plaisir. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille prendre l’écriture au sérieux et faire preuve de professionnalisme. Mais le plaisir doit rester moteur. Il est ensuite fondamental de pouvoir compter sur la relecture et la critique constructive de quelques personnes de confiance. J’ai la chance de pouvoir partager mes ébauches romanesques avec un ami qui devait être prote ou scribe dans une autre vie. Je le salue au passage, il se reconnaîtra.

Le mot de la fin ?

Je vous remercie tout d’abord pour cet entretien et profite de l’occasion pour annoncer que j’entamerai prochainement l’écriture d’un second roman (la nature y sera très présente), que je suis à la recherche de coauteurs et/ou de collaborateurs pour la réalisation d’une collection d’ouvrages biographiques liée au monde de l’art. Je réfléchis également sérieusement au lancement d’une start-up dans le monde de la littérature. C’est un "blue ocean" où de nouveaux acteurs peuvent s’exprimer. Aux lecteurs d’Expat Value, je donne rendez-vous sur les réseaux sociaux ou par email : remy.genet.a@gmail.com.

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Propos recueillis par Gaëlle GREGOIRE, responsable éditoriale d'Expat Value. Elle a passé 8 années en expatriation dans différents pays d’Afrique et d’Europe où elle a du se réinventer à chaque fois pour travailler (ou pas !). Elle est donc extrêmement concernée par cette notion de "suivi de conjoint" et de double carrière à l'étranger.
Pour lui écrire : gaelle.gregoire@expatcommunication.com

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