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Accompagner les expats, un métier ! Portrait d’Hélène, à Munich

expats MunichHélène est arrivée en Allemagne il y a une dizaine d'années. Elle a habité à Hambourg, puis à Munich, où elle vit aujourd'hui avec son mari et ses 2 filles. Du petit groupe Facebook d'expats à Munich à son activité de relocation aujourd'hui... Hélène nous raconte les étapes de sa réflexion d'entrepreneure! 

Hélène, quel est votre parcours d'expat avant votre arrivée à Munich ?

Je suis diplômée de l'Essec, et après une première expérience dans les Grisons en Suisse, je pars vivre à Hambourg, où je travaille pendant 2 ans dans une start'up. Là, pas besoin de m'intégrer, la société en plein développement qui m'emploie s'en occupe : afterworks, soirées, sorties, nous vivions en vase clos... A ce moment-là, j’ai envie de relever un nouveau défi. Je pars à Munich parce qu’on me fait une proposition qui ne se refuse pas. Malgré mes a priori sur la Bavière – j’y ai passé un mois pendant mes études et je m’étais promis de ne jamais y retourner – je décide de tout quitter pour m’y installer. Mais le poste rêvé s'avère vite être un cadeau empoisonné. J’hésite entre rentrer chez moi ou bien persévérer et trouver un nouveau job sur place. Je choisis l’option 2 et en un mois, je réussis à trouver une issue favorable.

A votre arrivée, vous devenez madame expats à Munich...

Cette fois-ci je ne reste pas enfermée, et ce qui m'a vraiment aidé, c'est que la société dans laquelle j'ai postulé me proposait un contrat de 30 heures. Je le prends comme une opportunité, et j'en profite pour m'occuper de moi et de développer mon réseau. Je participe au développement d’un groupe Facebook en plein essor : "Munich International Friends". Nous étions une vingtaine au début, puis cinquante... ça a très bien marché ! J’organisais des rencontres hebdomadaires, des sorties culturelles, je me suis fait de nombreux amis et j’y ai rencontré celui qui est devenu mon mari. Au bout de presqu’un an, nous étions très nombreux (aujourd’hui ils sont plus de 60 000), l’ambiance était plutôt étudiante et j’avais fait mon cercle d’amis… j’ai donc décidé d’arrêter.

A la naissance de vos jumelles, vous continuez d'aller à la rencontre de nouveaux expats qui arrivent à Munich...

L'une des activités dans lesquelles je me suis engagée c'est la crèche familiale où mes filles étaient (Le Bateau Bleu : je recommande!). En Allemagne, les parents ont la possibilité de s'engager bénévolement dans la gestion de crèches parentales, en échange de quoi la municipalité s'engage à prendre en charge certains coûts. Je m'y suis engagée pendant les 2 années où mes filles y étaient. J’y ai rencontré beaucoup de familles francophones, dont certaines qui avaient du mal à s’intégrer, en particulier des mamans qui souffraient à trouver leur place dans leur nouvel environnement munichois. Et c'est là que l'idée a commencé à germer.

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Vous aviez envie de vous lancer à votre compte

Oui, j'en avais envie, mais la crainte de perdre une certaine sécurité de l'emploi était là. Et autre chose, j'avais peur de tomber soit dans la traduction, soit dans le marketing. J'aspirais à autre chose.

Votre activité pour expats à Munich naît à ce moment là...

Oui et non. Je n'avais pas envie de faire de la relocation pure... mon idée c’est de proposer une offre complète et sur mesure qui permette à mes clients de se sentir complètement chez eux à Munich et pas seulement de les aider à s’installer la première semaine de leur arrivée. C’est cet accompagnement personnalisé et local qui fait toute la différence par rapport à une grosse agence de relocation globale. 

Après avoir donné ma démission, j’ai pris 6 mois pour construire mon projet. J’ai suivi une formation de coach pour être en mesure d’avoir tous les outils pour accompagner mes clients dans cet important changement qu’est l’expatriation. Je propose, par exemple, un programme spécial pour les conjoints suiveurs, principalement des femmes comme on le sait, afin qu’elles trouvent une activité à Munich ou bien qu’elles lancent la leur. Pendant ces 6 mois de maturation, j’ai également réalisé un business plan pour l’Arbeitsamt (l’agence de l’emploi allemande) qui m’a permis d’obtenir une aide (Grüdungszuchuss : aide la création d'entreprise) pendant les 6 mois suivants.

"Dessine-moi Munich" est finalement né très vite en juin dernier

Et comme souvent dans ce genre d'aventures... il ne faut négliger aucune piste et ne pas avoir peur de se lancer ! Dans ma prospection, je décide de me renseigner auprès du Forum de l'expatriation à Paris, je demande s'il y a des gens de Munich, et là, surprise, l'organisatrice me demande si je ne peux pas venir tenir un stand, parce que pour l'Allemagne, ils n'avaient que l'Ambassade. J'accepte évidemment. Et en 3 semaines je finis mon site, je fais mes cartes de visite en 24h... La folie des débuts ! Je pensais venir pour récupérer deux ou trois contacts... j'en suis repartie avec des contacts de familles qui déménageaient à Munich, et à qui j'ai pu présenter mon activité !

Et le podcast dans tout ça... 

expats dessine moi MunichEt bien, le podcast c’est tout d’abord une passion… Et au moment où je créais ma boîte, j’avais besoin de faire quelque chose de concret et visible. C’est pourquoi je l’ai lancé en mars avant même mes services. Il y avait trois objectifs : aider les auditeurs bien sûr, mais aussi me permettre de faire une étude de marché pour connaître mes futurs clients et avoir un support marketing pour parler ensuite de mon activité. Enfin, c’est surtout un moment magique à chaque rencontre avec mes invités, même si chaque épisode représente entre 10 à 15 heures de travail non rémunérées. Mais quand on aime, on ne compte pas !

Retrouvez Hélène, son podcast et sa newsletter bimensuelle sur le site dessinemoimunich.com

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