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Retour en France : conseils pour gérer son entreprise à distance

retour en francePour beaucoup, l'expatriation est un bon moment pour se lancer et monter son business. Mais que se passe t'il quand sonne l'heure du retour en France ? Aurelia de Sailly a fondé Antoinette Paris lors de son expatriation aux USA et a décidé de poursuivre l'aventure. Ses conseils pour gérer son entreprise de retour en France !

1. Anticiper le retour en France quand cela est possible 

Le problème avec les retours d'expatriation, c'est qu'ils surviennent souvent au dernier moment. Dans la plupart des cas, on n'a à peine que 2/3 mois pour organiser son retour. Aurelia raconte : "j’avais réfléchi depuis longtemps à mon organisation en cas de retour et il est vrai que la naissance de mon fils l’année précédant mon départ m’avait déjà poussé à m’organiser différemment, à m’appuyer sur d’autres pour une partie de mon activité." Dans les choses que l'on peut anticiper, citons le réseau local : "le soutien de la population locale - et pas que la communauté française - a été très précieux aussi pour ma société Antoinette Paris ! Nous avions beaucoup d’amis américains et avions rencontré beaucoup de personnes par la paroisse, le travail, le sport. Ces connaissances et amis constituent un relais et une potentielle aide pour le présent et le futur d’Antoinette."

2. Réorganiser son entreprise 

A commencer par la logistique. Ah la joie des grandes maisons où l'on peut stocker sa marchandise ! Fini le garage : première étape, donc, confiez votre marchandise à un entrepôt. Aurelia raconte : "ce qui a le plus changé, c’est la perte de l’espace. Nous passons d’une maison à un appartement parisien. Or comme dans tous les rêves américains, la vie d’entrepreneur démarre souvent dans un garage, un cliché bien réel ! Et l’espace est précieux quand on doit stocker chez soi plusieurs milliers de robes et tout le matériel des salons."

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3. Adaptez vos outils de communication avec vos clients 

Un conseil : créer un numéro local disponible via skype. Cela permet d’être contacté par n’importe quel client, par téléphone mais aussi par SMS. Bien plus pratique que la seule adresse email. Aurelia ajoute :"il y a même un répondeur téléphone si je n’ai pas pu décrocher !"

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4. Déléguer et faire confiance...

C'est le gros changement pour la société d'Aurelia, qui explique : "je n’avais pas d’employés au moment de mon retour en France alors il a fallu que je m’organise rapidement autour de différents contacts. La principale difficulté consiste pour moi de continuer à coordonner de nouveaux intervenants à distance pour rester en contact au plus près de mes clients."

Elle a donc adapté sa présence avec :

  • un showroom dans lequel sa marque est représentée toute l’année pour la clientèle locale
  • un entrepôt en Virginie qui assure les envois de marchandises
  • une jeune femme qui aide pour le recouvrement des factures
  • un responsable marketing digital (en recherche!) pour améliorer la visibilité en ligne en particulier sur les réseaux sociaux.

5. Se faire accompagner pour les aspects juridiques et fiscaux

"Une entreprise n'est pas faite pour bouger", nous avait expliqué Marie-Anne Bilke de savio.fr, qui, 18 mois après l'enregistrement de son entreprise au registre du commerce anglais (en mars 2016), a dû déménager en Suisse pour suivre son mari (en aout 2017). En fait, tout dépend du pays où vous vous trouvez, des conventions fiscales avec la France et de la nature de votre business.

Toutes ces questions fiscales nécessitent un accompagnement et il ne faut pas hésiter à demander plusieurs avis pour son retour en France.

Aurelia ajoute "Au-delà des comptables dans chacun des pays, la vraie difficulté se situe me semble-t-il dans les sujets impliquant les deux pays, une question touchait la fiscalité Française et Américaine. J’ai d’abord cherché les conseils d’un avocat fiscaliste franco-américain, pour finalement me rabattre sur un comptable connaissant les deux fiscalités et surtout plus opérationnelle et concrète, reléguant le recours à un avocat uniquement aux questions techniques."

Il y a rarement une solution unique lors d'un retour en France. Dans certains cas, il semble judicieux de fermer son entreprise dans le pays d’expatriation et d’en garder une en France uniquement. Cela facilite aussi sans aucun doute la gestion financière et comptable. Pour Aurelia : "l'idée de développer mon activité en France m’a tout de suite conduite à créer ma propre SAS en France. Je continue aussi à opérer ma société Américaine pour les activités de marketing, de finance et de logistique liés à mon activité aux Etats-Unis. On peut aussi imaginer la création d’une société mère française qui inclurait les 2 sociétés filles dans deux pays différents."

6. Budgétiser ses voyages

Indispensables, les allers-retours vers le pays où est restée votre société et le retour en France sont coûteux. Aurelia prévoit par exemple de se rendre à d'importants salons professionnels 2 fois par an, ce qui lui permet de voir rencontrer ses clients, qu'elle ne voit plus autant qu'avant : "La seule perte est de m’être éloignée physiquement de ma clientèle. C’est vrai qu’il m’arrivait dès que je voyageais aux Etats-Unis d’aller visiter les boutiques de mes clients ou d’organiser des Trunk-shows (ventes éphémères dans une boutique). Ils appréciaient ces visites et moi aussi. Désormais je ne peux plus le faire."

7. Profiter de son retour en France ! 

Une fois les galères administratives passées, profitez de votre présence en France. Aurelia rappelle qu'à moindre coût, on peut bénéficier de certaines subventions, ou de l'aide de stagiaires. "En ce moment par exemple j’ai une stagiaire d’école de commerce qui travaille avec moi et je réfléchis à embaucher un apprenti d’école de mode pour m’épauler en 2020." Aurelia évoque aussi la proximité avec son réseau : "Être de retour en France et particulièrement à Paris me permet aussi de bénéficier d’un réseau que je n’avais pas à Atlanta et de me rapprocher de ma styliste qui habite en France." Pour certains secteurs, comme la mode, une présence en France est un atout... sur lequel compte bien Aurelia : "Vivre dans la capitale de la mode est aussi une grande source d’inspiration !"

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Antoinette Paris, retour sur la belle histoire d'Aurelia et de ses robes à smock

retour en france antoinette paris"Nous sommes partis vivre à Atlanta avec mon mari en janvier 2017 dans le cadre d’un contrat d’expatriation avec la société de mon mari. 2 mois avant de partir, je prépare ma démission de mon poste en finance d’entreprise pour suivi de conjoint. Je saute sur l’occasion de cette aventure outre-Atlantique pour réfléchir à un projet entrepreneuriat dont je rêve secrètement depuis longtemps.

J’ai toujours trouvé les robes à smocks pour petites filles charmantes ! Je regrette de voir ce bel intemporel disparaître de la garde-robe de nos têtes blondes. Je quitte donc notre pays avec une valise pleine de robes à smocks, décidée à revisiter ce grand classique des familles royales européennes.

J’étais convaincue que si en France la robe à smocks n’a plus le vent en poupe, nos amis américains eux raffoleront de ce vêtement, véritable symbole du chic et de l’élégance à la française. En arrivant aux Etats-Unis, j’ai rapidement créé l’entreprise Antoinette Paris et je démarre mon activité en participant à des salons de mode enfantine à New York. Les acheteurs sont principalement des boutiques multimarques. Antoinette Paris est positionnée comme une marque haut de gamme avec des tissus de qualité européenne et des détails haute-couture cousus à la main. Après 3 ans de développement sur le marché américain, soutenu par mon mari et des amis qui m’accompagnent souvent à mes salons ou pour rendre visite à des clients partout aux Etats-Unis, Antoinette Paris grandit.

Je décide de garder ma société Américaine à mon retour en France. En effet, j’estime qu’il est rassurant pour ma clientèle américaine de savoir qu’Antoinette est localisée aux Etats-Unis. Cette proximité est un atout. Je ne vois pas ce retour en France comme un frein. Mais comme une belle opportunité de développer Antoinette sur un nouveau marché avec des particularités différentes."

En savoir plus : https://antoinette-paris.com/

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