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Architecte en expatriation, pas de panique ! Les conseils d’Adèle.

Adèle est architecte DPLG, diplômée de l’école d’architecture Paris Val-de-Seine. Pendant 15 ans, elle a enchaîné des expériences à l’étranger. En Australie, en Espagne, puis en Suisse alémanique. Aujourd’hui, elle est de retour en France, à Nantes. Pour Expat Value, elle livre 6 conseils pour tous les architectes qui partent en expatriation.

1. Architecte en expatriation : maîtrise la langue locale !

architecte en expatriationDans notre métier, l’anglais, même technique, ne suffit malheureusement pas ! Il faut se donner les moyens de maîtriser la langue locale. Vos projets ne seront pas toujours de grands projets de multinationale… vos interlocuteurs au quotidien seront des locaux : les maîtres d’ouvrage, les entreprises locales ou même vos collègues en agence.

C’est vrai aussi si vous prospectez de nouveaux clients. Je l’ai personnellement vécu en arrivant à Barcelone. Je me disais qu’après mon expat en Australie l’anglais me suffirait, mais pour prospecter localement, c’était impossible.

Mais cela a été encore plus vrai lorsque je me suis installée à Zürich, en Suisse alémanique. Il m’a fallu une année d’investissements personnels pour bien apprendre l’allemand, avoir un CV en allemand, postuler à des offres, maîtriser le vocabulaire du secteur de la construction. Cela n'a pas toujours été facile mais aujourd'hui je ne regrette pas cet effort ! D’autant que très vite je me suis rendue compte que la Suisse alémanique était plus dynamique dans mon secteur que la Suisse romande. Cela m’a ouvert des portes. Il faut être tenace !

Mon conseil en plus : pour vos cours, privilégiez les petites écoles de langues et choisissez des cours collectifs. Vous y rencontrez du monde… et ce sera peut-être l’embryon d’un premier réseau pro !

2. Ne pas avoir peur de s’installer en tant qu’indépendant et accepter des jobs en agence

Le diplôme d'architecte DPLG de France est officiellement reconnu en Europe et dans certains pays dans le monde. Il permet d’exercer la profession en tant que prestataire de services, pour une agence par exemple. La chance que l’on a, en quelques sortes, dans notre métier, c’est que de nombreuses agences cherchent des indépendants pour compléter leurs équipes pour des missions ponctuelles. Au sein de l’Union européenne, il est même possible de garder un statut d’auto-entrepreneur en France et de travailler à distance pour des clients français. C’est ce que j’ai fait en arrivant à Barcelone, où j’ai suivi mon conjoint de l’époque. Pas facile de travailler entre deux pays, mais c’est mieux que rien, cela permet d’enrichir son book et d’avancer !

Cependant, si l’on veut s’installer à son compte, signer des plans, et engager sa responsabilité d’architecte, s’établir à son compte, alors il faut faire faire valider son diplôme auprès de l’organisation professionnelle (à l’Ordre des Architectes en France, SIA en Suisse, Australian Institute of Architects en Australie …). Les procédures et les délais sont différents selon les pays.

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3. Avoir un book est indispensable pour un architecte en expatriation

… Et si possible, dans la langue locale ! Bien tenu, mis à jour, il sera votre meilleur atout pour présenter votre travail.

4. Se réinventer sans cesse…

Le métier d’architecte a différentes facettes, n’hésitez pas à les exploiter !

architecte en expatriation

Quand on est architecte et que l’on travaille pour les autres en agence, il y a un moment où l’on a envie de travailler pour soi. Pour ma part, c’est ce qui est arrivé au bout de 5 ans d’expat à Zürich… J'ai eu envie d'explorer autre chose. En effet, j’avais, du fait de mes clients, un parcours dans la construction qui est encore un domaine très masculin et technique. Or on a la chance en France, que nos diplômes soient adossés à des écoles d’art et non à des écoles d’ingénieur comme dans d’autres pays. En parallèle de mon travail en agence, j'ai donc participé à un grand concours trinational entre la France, la Suisse et l'Allemagne. Je me suis associée avec une autre architecte et nous avons gagné, ce qui a été une énorme surprise ! C’est ce qui m’a véritablement lancé dans le domaine dans lequel je suis aujourd’hui, la médiation d'architecture. 

5. … Et continuer à compléter sa formation

Mettez à profit ces années où vous vous installez dans de nouveaux pays. Notre profession impose de nous tenir au courant des nouveaux règlements, des tendances, des nouvelles technos. En architecture, on n’a jamais fini d’élargir nos compétences. Pour ma part, j’ai suivi des cours de paysagisme avec le CNED par correspondance mais aussi des cours de modélisation 3D et de photographie dans des écoles locales. Encore un moyen d’améliorer la langue et de faire des rencontres !

6. Préparer ses départs à l’avance

Prenez un ou deux contacts avant de partir, vous trouverez toujours quelqu'un qui connaît quelqu'un qui travaille en agence d'architecture. Ce seront vos premiers points d’ancrage localement. Ce qui a été vrai avant mes expatriations en Australie, en Espagne et en Suisse a surtout été vérifié à mon retour en France il y a un an. C’est de Zürich que j’ai prospecté mon nouveau secteur d’activité en France, c’est de Zürich que j’ai établi mes premiers contacts…

Ma peur était de rentrer en France avec uniquement mes valises, éloignée des réalités du marché du travail français et ne connaissant rien à ma ville d’adoption, Nantes. C’est tout le contraire qui est arrivé. A peine arrivée, que j’avais déjà établi des contacts et la création de mon atelier Deci Del’Art, spécialisé dans la médiation d’architecture, s’est déroulée en toute sérénité. L’expatriation m’a rendue plus forte et tenace.

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Adele ridereau architecte expat

Adèle Ridereau est Architecte DPLG (Ecole Nationale  d'Architecture Paris Val-de-Seine) et médiatrice en architecture. Son atelier Deci Del'Art (Nantes) propose des ateliers créatifs, des stages de sensibilisation à l’architecture pour les enfants et adolescents pendant les vacances scolaires. Elle intervient également en milieu scolaire mais aussi associatif auprès de publics adultes.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur son site : www.atelier-deci-delart.com

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