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Maud, devenue photographe pro à San Francisco

Dancing in the cityMaud a vécu ce vendredi 24 mai dernier sa première exposition en tant que photographe professionnelle. Dancing in the City est un projet créatif né de ses rencontres à San Francisco, sa ville d’expatriation. Son énergie se ressent dans cet interview, où elle nous raconte pourquoi et comment elle a changé de métier.

Qui je suis

Je croque dans la vie depuis 40 ans. J'ai l'impression de vivre chaque moment à fond, de profiter de tout ce qu'on peut et de voir la vie du bon côté. J'ai fait une maîtrise de sciences économiques suivi d'un master en communication marketing. Mon idée a toujours été la même, comprendre le monde qui m'entourent et les gens qui y vivent. De façon générale, j'adore me lancer des challenges. Dans la vie professionnelle comme dans ma vie privée. Métro, boulot, dodo, ce n'est pas pour moi.

Pendant 15 ans j'ai travaillé dans des domaines très diverses (la BD, le jeu de rôle, l'édition d'un guide professionnel, la chirurgie esthétique, et dans l'audiovisuel, mais toujours pour le même type de mission. Mon histoire commence à chaque fois par une rencontre, des gens qui avaient une idée en tête et mon job était de la rendre réelle et économiquement rentable. A chaque fois j'ai appris beaucoup.

Départ à San Francisco

En 2012 mon mari m'a proposé qu'on déménage à San Francisco pour un ou deux ans. Il travaillait à l'époque pour une société qui avait un bureau à Paris et un autre à Los Altos (municipalité de sud de la péninsule de SF). Le but était de changer notre routine, d'offrir à nos deux enfants la chance et l'opportunité de découvrir une autre culture, une autre langue. Je n'ai pas réfléchi plus de 10 secondes avant de dire oui. Et pourtant j'aimais tout à Paris : boulot, famille, amis, ambiance ...

J'ai tout naturellement démissionné pour suivre mon conjoint.

L'idée de partir à l'aventure m'a instantanément séduite. En juillet 2013, nous sommes partis avec 7 valises, rien de plus. Une valise d'habits par personne, une valise de jouets par enfant et une valise de médicaments. Pour le reste, on remettait les compteurs à zéro et on partait conquérir le pays de l'Oncle Sam. Moi qui avais toujours travaillé, j'allais me consacrer à l'intégration des enfants et à comprendre les codes de ce pays.

La communauté américaine

En août 2013 les enfants sont rentrés à l'école (école publique américaine). Aux US les parents font partie de l'équipe, ils aident partout, en classe, pour distribuer les repas et même pour coacher les enfants à courir plus vite. Je suis tombée amoureuse de cette école, des parents, de la communauté et de l'esprit positif. Passant la plupart de mon temps avec les Américains dans l'école, quand j'ai commencé à chercher du boulot, ils étaient plutôt dubitatifs. Ils m'ont dit que je ne trouverais pas, que je n'étais pas américaine et que du coup cela allait être très compliqué.

Devenir photographe pro

En bons observateurs, ils m'ont dit qu'en revanche, je devrais penser à devenir photographe professionnelle. Voire même vidéographe. Effectivement, d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu un appareil photo à la main, mais de là à en faire mon métier...

C'est alors qu'une famille de l'école m'a embauché pour les 80 ans du grand-père. J’ai dû mettre en images et en vidéo toute sa vie, en partant d'archives vidéos et de photos. J'ai orchestré le projet en ajoutant des interviews et en le mettant à ma sauce. C'était un travail difficile car je ne le connaissais pas. Une fois le travail livré, mon client est revenu vers moi en me remerciant vivement. Son père avait été extrêmement ému et avait reçu le plus beau des cadeaux. De ce jour-là j'ai su que je voulais vraiment poursuivre dans la photo.

Je me suis formée

Sur internet, en faisant des stages, en lisant plein de livres et en passant enfin l'examen américain PPA (Professional Photographer of America). Et je peux dire un grand merci à ma communauté. En effet, en croyant en moi, elle m'a permis de vivre mon rêve américain.

Je me suis dit qu'il me fallait passer un diplôme pour me prouver que je ne serais pas une photographe de pacotille...
J'ai choisi PPA (Professional Photographer of America) car ils sont connus pour être stricts, rigoureux et bien implantés aux USA. Le plus dur aura finalement été de suivre des règles, de placer la lumière exactement au bon endroit, de tourner le modèle à un certain angle... Donc de suivre un cahier des charges très précis. J'ai également apprécié cette formation, car je l'ai faite à mon rythme. La communauté est assez grande et on trouve de nombreux contenus pour progresser. Les vidéos m'ont beaucoup aidée.

Pour les livres je recommande Photography - Eight Edition et Understanding Exposure  par Bryan Peterson

Pour les stages je me suis choisie des mentors avec qui j'avais envie de travailler. Une aux Etats Unis, Lyn Healy et un en France Stéphane Casali.

J'avoue que j'étais ravie d'avoir l'examen du premier coup. Ça me prouvait que j'étais maintenant qualifiée et pas si rebelle que ça. Les règles, il suffit de les appliquer.... Puis de faire ce qu'on veut avec (pour la photo évidemment) !

J'étais tout de même à mille lieues de me douter que la photographie était une science presque exacte... Moi qui fonctionne beaucoup aux émotions et au feeling, j'apprends à être plus attentive aux détails, plus construite dans mes photos, pour raconter finalement l'histoire que je veux.

Ma première expo

Aujourd’hui j’ai chance d’être photographe, de faire un métier passion. Mes photos ont été exposées pour la première fois. Le projet s’appelle Dancing in the City. Le 24 mai a eu lieu une soirée d’inauguration dans une agence de voyages, Agence Calparrio. Puis mes photos seront exposées au Consulat de France de SF à partir de juin 2018 pour une période indéterminée.

Mon exposition s'est très bien déroulée. J'ai eu une centaine de visiteurs et tous ont semblé convaincu de l'intérêt du projet. J'ai fait le plein d'énergie positive. J'ai vendu plusieurs photos, ainsi que tous les magazines et cartes postales réalisés pour l'occasion !!

Je n'aurais jamais pensé devenir photographe professionnelle. L'expatriation m'a permis de me recentrer sur mes désirs. En repartant de zéro on rebondit sur de nouvelles idées, sur de nouveaux désirs, sans avoir de barrières. Après tout, les Américains me l'ont tous dit, si tu n'y arrives pas, au moins tu auras essayé et tu auras appris. Pour l'instant je touche du bois, je ne vis qu'un rêve éveillé. Carpe Diem.

Si le travail de Maud vous intéresse, découvrez en vidéo les coulisses de son projet. Vous y retrouverez la construction des photos et l'ambiance des shooting.

Pour aller plus loin expat value vous conseille également de lire :
Maud, quand la photo rencontre la danse pour raconter San Francisco

 

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