Portraits d’expats bénévoles

Carrière : 20 ans après y croire encore !

Hélène ColombierEtat civil

Nom : Colombier
Prénom : Hélène
Age : (aïe)
Résidence : Orgeval, région parisienne
Enfants : 4 (21-21-18-16 ½)
Plus vraiment mariée...

Et voilà en quelques mots ma situation, dans laquelle je ne me reconnais pas vraiment (sauf pour les enfants). Non, ce qui me définirait réellement : née au bord de la mer. Aimant le soleil, la chaleur, les voyages et les rencontres. Pas plus de 30 ans (dans la tête en tout cas !)… Et puis un jardin secret que je cultive en atelier, ma bulle de liberté : la peinture et le dessin.

Un penchant pour l'international

Mon envie d’aller voir ailleurs et de voyager m’a poussée à faire des études tournées vers l’international. Après un an en Angleterre, j’ai intégré une école de commerce internationale où j’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari. Il est parti en tant que VSN (pour les plus jeunes : Volontaire du Service National) à Abu Dhabi, aux Émirats Arabes Unis et je l’y ai rejoint.

Les Émirats Arabes Unis, ma première expat

Les Emirats dans les années 80 n’offraient que très peu de possibilités de travail aux femmes, qui dépendaient de leur mari et n’avaient pas de visa de travail. Se créer un réseau était fondamental.

Au bout de quelques mois, j’ai rencontré un ingénieur qui voulait ouvrir une filiale pour Total et cherchait un collaborateur : c’était parti ! Mettre en place et gérer la structure, la comptabilité, le marketing, fût une belle expérience ! Au bout de deux ans, l’entreprise est partie s’installer à Dubaï.

L’Ambassade de France m’a offert ma seconde opportunité de travail: devenir responsable commerciale sur différentes missions, dont l’organisation du pavillon français pour une foire internationale. Trouver du travail dans des domaines différents paraissait si facile, que lorsque nous sommes rentrés en France, à Paris, au bout de cinq ans à l'étranger, le choc a été rude. Pas de réseau, des expériences professionnelles trop variée. Bref, je ne rentrais pas dans les cases.

Une parenthèse française fructueuse

Nous avons décidé de profiter de ce retour en France et de cette parenthèse pro de mon côté pour réaliser notre projet de fonder une famille. 4 enfants ont pointé le bout de leur nez en un peu plus de 4 ans. Travail à temps plein d’autant plus que le papa continuait sa carrière à l’international et n’était pas souvent là.

J’ai par la suite fait le choix de rejoindre en tant que trésorière, une association bénévole qui m’avait beaucoup aidée à la naissance des jumeaux. Je travaillais beaucoup, mais avais la liberté de gérer mon temps. Les enfants grandissant, nous nous sommes installés en banlieue parisienne. Et j’ai intégré le bureau de l’association gérant la halte garderie municipale en tant que trésorière. Cette expérience a été très enrichissante tant sur le plan humain que sur l’apprentissage de la gestion de personnel (4 employées). Et puis pour le plaisir, j’ai créé un atelier en langue anglaise pour les enfants de 3 à 6 ans.

Une nouvelle expat au Bahreïn

Et enfin, la nouvelle arrive, mon mari est recruté par une entreprise saoudienne. Nous déménageons au Bahreïn, le paradis pour expat. Une fois les 6 premiers mois passés, la maison installée, les enfants intégrés, les inscriptions aux clubs de gym, équitation, tennis, échecs faites, je me suis demandée ce que j’allais pouvoir faire.

Je n’ai pas attendu longtemps, une chance ! En deux semaines j’étais recrutée puis élue en tant que responsable ressources humaines au comité de gestion de l’école française. Une nouvelle aventure commençait qui allait durer un peu plus de 3 ans. Là aussi, découverte d’un domaine que je ne connaissais pas, la gestion d’une école. Je me suis attaquée à la refonte de la grille indiciaire des salaires, indispensable pour les nouveaux contrats de travail, mais bien évidemment contestée. Mon travail était presque à temps complet, mais toujours bénévole.

Au bout de 4 ans, nous sommes partis à Dubaï pour 2 ans. Trop de trajets, pas assez de temps pour envisager de travailler.

Puis la Tunisie

Et là, dès la rentrée j’ai été happée par l’association de parents d’élèves, où apparemment la lutte pour l’élection était sanglante ! Pendant un an, en tant que "trésorière adjointe"  j’ai pu observer les dysfonctionnements de l’association et ai patiemment constitué une nouvelle équipe pour la rentrée suivante. Nous avons été élus haut la main. J’ai aussi été élue au poste de trésorière du comité directeur des 10 associations de parents d’élèves. J’ai de nouveau pu travailler quasiment à temps plein, bien que bénévole. j'ai ainsi eu la satisfaction de quitter la Tunisie en ayant remis les comptabilités de toutes les associations au propre et d’avoir pu introduire une équipe dynamique dans le lycée.

Abidjan

J’ai eu la chance d’être accueillie à Abidjan par une amie italienne qui avait quitté la Tunisie 2 mois plus tôt. Rapidement après mon arrivée, j'ai été présentée à différents cercles de relations. J'ai assez vite participé aux activités d’une importante association solidaire et dédiée à l’aide des plus démunis. Les actions de cette association étaient basées sur une volonté de donner à ces populations le moyen d’acquérir une autonomie par l’apprentissage de la lecture et du calcul. Ayant été intégrée au bureau en place lors du départ d’un des membres, c’est tout naturellement que j’ai décidé de constituer une équipe pour la rentrée suivante.

C’est un vrai bonheur de pouvoir travailler avec des personnes que l’on apprécie, qui partage votre vision des choses notamment en ce qui concernait l’avenir de cette association. Ensemble nous avons de nouveau dynamisé l’association, réorganisé les ventes et ateliers de création. Nous avons organisé un gala comme il en existait auparavant, pour récolter des fonds et structurer le centre d’alphabétisation. J’ai aussi monté une action avec la Fondation Essilor qui vient dorénavant tous les ans dans notre centre pour examiner, diagnostiquer, prescrire et fournir gratuitement des lunettes à nos élèves et habitants du quartier. Grâce aux fonds récoltés, nous avons pu construire un centre d’alphabétisation pour notre association avec une bibliothèque, l’électricité et l’eau courante.  Ce fut également l’occasion de découvrir l’Afrique et ses habitants tellement attachants.

Le retour en France

Un retour en région parisienne pas vraiment souhaité.  Ma fille grandement malade a dû être hospitalisée pendant 2 mois et demi à son retour en France. J’ai passé le reste de l’année à m’occuper d’elle. Les aînés étaient partis dans le sud de la France pour leurs études, la famille était éclatée. La tension dans le noyau familial était forte. Nous, parents, nous sommes séparés. Lui a été muté en Suisse et moi, j’ai refusé de le suivre. Je suis restée en France avec les enfants.

Suite à sa demande de divorce, j’ai décidé de trouver du travail pour pouvoir m’assurer un moyen d’existence. Mais que faire ? Dans quel domaine ? Comment se vendre quand on n’a pas travaillé en France ? Quand on n’a essentiellement fait que du bénévolat pendant 20 ans ?

Après mes premiers entretiens à Pôle emploi et l’Apec, j’avais l’impression d’être une bête curieuse, de ne pas rentrer dans les cases comme lors de mon premier retour. Je ne voyais aucune issue et me sentais totalement « has been ». Je faisais partie tout d’un coup des seniors, alors que l’âge n’avait jamais été une préoccupation pour moi : « Passé 50 ans, ce n’est plus la peine de… Le chômage des seniors est de… on n’embauche pas ceux qui ont passé les 45 ans… » Bref, UNE GROSSE DÉPRIME !

Sauf que cette fois-ci, il fallait vraiment que je réussisse.

Comment rebondir de retour en France ?

Et j’ai eu l’immense chance de rencontrer l’équipe d’Expat Communication grâce à une amie de Tunisie. Dès le premier café, j’ai eu l’impression de retrouver une famille. D’être comprise, de pouvoir partager mes angoisses sans être jugée. Notre groupe était constitué de femmes et d’un homme. Tous d’horizons et de parcours différents, mais avec des liens très forts tissés par des années d’expatriation aux coins du monde.

Alix Carnot, qui nous accompagnait, savait nous pousser dans nos retranchements pour nous redonner confiance et nous faire prendre conscience de la richesse de nos expériences. Nous étions très solidaires et nous soutenions les uns les autres. Nous nous encouragions quand l’un flanchait ou nous félicitions quand l’autre trouvait un travail. Cette année passée dans le cadre du Job Booster Cocoon m’a redonnée foi en l’avenir. Elle m’a permise de traverser une des périodes les plus difficiles de ma vie en retrouvant une estime et une confiance en moi que j’avais perdu depuis longtemps. Et j'ai trouvé du travail !

Depuis un mois, je suis responsable clientèle et logistique dans une startup. Ce n’était pas facile au début, mais je suis arrivée à vaincre mon appréhension et j’apprends tous les jours.

Pour conclure, être accompagnée m'a non seulement permis de trouver un emploi, mais encore d'appréhender l'avenir plus sereinement. En effet, apprendre à valoriser ainsi toutes ces années d'expatriation et de bénévolat me donne foi en ce que je suis et en ce que j'ai accompli indépendamment du statut de "conjoint suiveur" que j'ai longtemps eu. Et c'est énorme !

helene_colombierHélène

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