Carrière et bénévolat Réseaux pros à travers le monde

Réseaux Pros à travers le monde : DFPN Qatar, portrait de sa nouvelle Présidente

Photo Alice MeunierAlice Meunier est la Présidente du DFPN (Doha French Speaking Professional Network). Elle est installée à Doha depuis Août 2016. Ingénieur industriel, elle a travaillé dans le domaine de l’industrie de Défense pendant 7 années avant d’atterrir au Qatar. Après 18 mois de pause « famille », elle travaille maintenant à plein temps pour une société française d’Oil & Gas.

Elle nous raconte son parcours, comment et pourquoi elle a souhaité s'investir de manière très active au sein de DFPN.

Quel est votre parcours d'expat ?  

J’ai suivi mon conjoint en Août 2016 avec nos 2 enfants de 2 et 3 ans sous le bras pour notre première expatriation. Nous avons quitté la proche banlieue parisienne, nos amis, nos familles… et j’ai mis mon travail en suspens.

Les débuts ont été très difficiles pour moi, car je ne trouvais pas ma place dans ce projet, sans compter le déséquilibre qui se créé entre le conjoint qui travaille et celui qui « reste à la maison ».

Immédiatement après la fin de notre installation j’ai commencé à chercher du travail, de la façon d’un étudiant qui sort d’école, je suis allée sur tous les sites qui proposaient des offres d’emploi, j’adaptais mon CV en conséquence et je postulais.
Et bien évidemment je n’ai JAMAIS obtenu une seule réponse à ces candidatures.

Mon projet professionnel n’a cessé d’évoluer au cours des premiers mois, puis presque comme un soulagement dans cette succession d’échecs : une 3ème grossesse. Fini la pression qui pesait sur moi de devoir travailler à tout prix, je pouvais enfin me consacrer à un projet qui avait du sens et pour lequel je ne serais pas confrontée à des jugements négatifs. Car oui en 2017 s’arrêter de travailler pour s’occuper d’un nouveau-né est plutôt bien vu.
J’ai donc profité de ce vrai break pour m’épanouir dans cette vie, et j’y ai réellement pris goût !

Dans ma recherche d’emploi, j’ai essuyé de nombreux échecs, des entretiens suite auxquels on ne m’a jamais rappelé, des candidatures qui tombent à l’eau, ou des entretiens qui aboutissent mais qui finissent sur des propositions salariales qui ne correspondent pas à mes attentes.

Après mon break « bébé », j’ai décidé de m’investir encore plus activement dans les associations locales francophones (Doha Accueil et DFPN), et un jour sans réellement l’avoir cherché, j’ai trouvé LE poste pour lequel j’étais faite, et dans lequel je m’épanouis aujourd’hui

Qu’est ce qui vous a poussé à intégrer de manière active le réseau pro Doha French Speaking Professional Network (DFPN) ?

Je me suis inscrite au DFPN 6 mois après mon arrivée, sans trop réellement y croire. Je ne comprenais pas ce qu’était le networking évoqué par les bénévoles, et je ne voyais pas comment cela pouvait m’aider à trouver un emploi.

Un mois après, j’ai découvert ma grossesse et sans trop me poser de question j’ai demandé à intégrer l’équipe de bénévoles du DFPN. Cela m’a permis de mieux comprendre le fonctionnement de la recherche d’emploi au Qatar et de rencontrer une équipe de bénévoles ayant les mêmes aspirations que moi.

Pendant 1 année je me suis occupée d’animer des matinales, d’organiser des soirées networking et de contacter des entreprises pour collecter des offres d’emploi. Quand Estelle Roure, l’ancienne Présidente nous a fait part de son envie de laisser les rênes du DFPN, cela m’a donné envie de relever un nouveau challenge, que je partage aujourd’hui avec Ibtihel Matoussi (Vice-présidente).

Pouvez-vous présenter le DFPN, comment il fonctionne, son principe

L’idée d’origine du DFPN est qu’il est plus efficace de mutualiser les efforts des uns et des autres. Au Qatar, le réseau est essentiel. Ainsi, plutôt que les demandeurs d’emploi fassent chacun des recherches de leur côté, ils mettent en commun les informations recueillies et se soutiennent. Quand l’un trouve une piste, il l’a partage avec les autres.

Ainsi, les maîtres-mots de l’association sont réseau et entraide. L’idée est de créer des ponts dans le monde professionnel et de développer une communauté professionnelle francophone.

Nous sommes toutes bénévoles, soit déjà bien implantées dans nos entreprises ou à la recherche d’un emploi. Et c’est parce que nous connaissons la vie professionnelle au Qatar que nous prenons vraiment plaisir à consacrer du temps à animer cette communauté de professionnels. Et puis surtout accompagner les nos membres dans leurs démarches de recherche d’emploi.

Quelles activités organisez-vous ?

Notre cœur d’activité est d’une part l’aide à la recherche d’emploi que nous réalisons à travers nos réunions « Matinales » et « Editions du soir ». Et d’autre part développer et animer un réseau de professionnels à l'occasion de nos soirées.

Grâce aux réunions, nous apprenons à mieux connaître les personnes à la recherche d’un emploi, ce qui nous permet de mieux les accompagner. Nous mettons aussi à leur disposition un réseau. Un nouvel arrivant n’a pas de réseau et ne sait pas de quelle manière entreprendre une recherche d’emploi. Le DFPN leur permet ainsi gagner du temps.

Nous leur proposons aussi des ateliers pour la rédaction du CV et la définition du projet professionnel. Et nous n’oublions pas les personnes en poste pour qui nous animons des ateliers sur des thèmes aussi divers que « développer son réseau professionnel » ou le «lean management ».

La recherche d’emploi est-elle aisée au Qatar ?

Il est important de noter que le DFPN s’adresse exclusivement aux personnes présentes au Qatar ou qui savent qu’elles vont venir au Qatar (mutation du conjoint). Ce sont donc souvent des conjoints d’expatriés qui sont à 90 % des femmes. Nous n’aidons pas les personnes qui veulent s’expatrier ici.

Ce qui n’est pas forcément facile pour les candidats, c’est qu’ils sont en concurrence avec le monde entier. En comptabilité, ils entreront en concurrence avec des résidents Indiens. Ou encore avec des ressortissants Philippins pour des emplois d’infirmier. Et avec des expatriés Libanais pour des emplois de cadres commerciaux.

Ce n’est ni plus facile qu’ailleurs, ni plus difficile. Néanmoins, le Qatar est un pays suffisamment ouvert pour offrir des opportunités aux personnes qui souhaitent exercer une autre profession que leur métier initial. Pour les employeurs, les compétences sont plus importantes que le métier préalablement exercé. Le demandeur d’emploi a intérêt à identifier au sein de son champ de compétences professionnelles lesquelles pourront être utiles à d’autres secteurs. Par exemple, si un ingénieur civil souhaite changer de métier. Il pourra devenir formateur ou travailler dans des domaines où les compétences en gestion de projet sont essentielles. Il faut être ouvert et flexible.

Pour conclure, avez-vous un message pour les conjoints suiveurs ?

Il est important que le nouvel arrivant sache ce qu’il veut, ce qu’il a envie de faire et de ne pas faire, en termes d’équilibre vie de famille – vie professionnelle. Mais aussi en termes financiers ou de possibilité d’évolution de carrière. Bref, il faut qu’il sache s’il a envie ou besoin de faire des compromis et dans quels domaines. Et après seulement, soit se lancer dans la recherche d’emploi ou monter sa propre boite. Ou changer d’orientation. Ou faire un break pour s’occuper de sa famille. Il n’a a pas de bon ou mauvais choix. Il n’y a que des choix que l’on a fait en connaissance de cause et que l’on a accepté et où l’on tente de s’épanouir. Et il y a autant de déclinaisons qu’il y a de conjoints suiveurs. Tout ne se résume pas à être « madame de l’Accueil du pays qui anime un atelier de macramé entre une séance de spa et le sport des enfants » ou « folle carriériste mauvaise mère »

Mon conseil essentiel est qu’il ne faut jamais se sous-estimer. Il faut avoir confiance en soi. Beaucoup de demandeurs d’emploi ont tendance à sous-évaluer leurs compétences (notamment en anglais, par exemple). Les personnes à la recherche d’un emploi ont parfois des moments de découragements. Mais justement les associations comme la nôtre sont là pour les accompagner et leur remonter le moral.

Alice Meunier, la Présidente du Doha French Speaking Professional Network

Retrouvez la fiche structure du DFPNDoha Frenchspeaking Professional Network

Pour aller plus loin :
Liste des Réseaux – Networking

Laisser un commentaire

Connexion en tant que membre