A propos de l'expatriation Avant le départ Salariat

Expats et entreprises : et si chacun vivait la vie de l’autre ?

 

Expat_et_entreprise_et_si_chacun_vivait_la_vie_de_lautre_760_520pxAvec son expérience en RH, en mobilité internationale et en gestion de carrière, Alix Carnot, directrice associée d'Expat Communication, répond à vos questions sur les carrières des expatriés et de leurs conjoints. Aujourd'hui les questions se portent sur le retour au siège.

La question de Virginie

Chère Alix,

J’ai eu plusieurs discussions orageuses avec les RH, car ils ont refusé catégoriquement toutes mes demandes sur les conditions d’expatriation. Pourtant il me semblait demander des choses justes et logiques. Objectivement, on est super bien traités par rapport à d’autres mais dès qu’on veut sortir des clous, c’est non.

Aujourd’hui, je voudrais leur demander une aide pour mon mari qui souhaite retrouver un boulot ici ; comment leur faire comprendre que s'il ne trouve pas de travail, on va devoir partir !

La réponse d'Alix :

Ma chère Virginie,

Merci pour cette question qui peut être bien utile pour tous ceux qui sont envoyés par une entreprise. Que de malentendus, de tensions inutiles, de jugements injustes entre RH et expatriés. Et du coup, que d’accords perdant-perdant ou de crises qui auraient pu être évitées.

Nous ne parlerons pas ici de ce que les entreprises pourraient faire pour fluidifier la relation avec les expatriés puisque cela ne dépend ni de vous ni de moi. Concentrons-nous donc sur les leviers que vous avez en main. Pour cela, je vous propose de tenter d’imaginer le point de vue de votre interlocuteur. Suivez-moi pour une plongée dans l’univers des gestionnaires mobilité qui négocient et gèrent vos conditions d’expatriation.

1- Vis ma vie de gestionnaire mobilité

  • A la convergence d’intérêts contradictoires

La situation de votre interlocuteur est tout sauf simple.

Le responsable mobilité, celui qui gère les conditions de mobilité de votre famille, est souvent au siège, coincé entre les exigences des opérationnels (les filiales locales) qui veulent l’expatrié « tout de suite car sa mission est urgente et on parle de choses importantes » - c’est-à-dire du chiffre d’affaires-, les RH (généralement la paye – comp&ben) qui veulent limiter les coûts, et enfin l’expatrié qui cherche à préserver le bien-être de son couple et de ses enfants.

  • Gardien du temple

Entre ces enjeux contradictoires, le responsable mobilité a un rôle de garant : garant de la sécurité des expatriés « désolé mais vous n’avez pas le droit de conduire dans ce pays », du respect de la législation « désolé encore, mais si vous n’êtes pas mariés, vous n’aurez pas de visa » et du respect de la sacro-sainte politique de mobilité de l’entreprise : « désolé mais la politique c’est un aller-retour par an vers votre pays ». Imaginez le nombre de « non désolé » que cela génère par jour !

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  • Un métier complexe

En 10 minutes, le gestionnaire enchaîne un coup de fil d’un expat de Russie qui a des problèmes de différentiel de taux de change puis il a été interpelé sur les conventions de SS entre Cuba et la France. Puis il doit traiter une exception convenue par son prédécesseur mais évidemment, rien n’est noté dans le dossier !

  • L’irruption de la sphère privée dans le professionnel

Continuons notre effort d’imagination. Vous appelez pour lui parler de votre conjoint, peut-être du coup de votre couple où c’est compliqué. Rien que d’y penser, le ventre se noue, le ton se fait plus aigu. Il y a de l’émotion dans l’air. D’habitude, ce qui est privé reste à l’extérieur du bureau. Or dans le cas de l’expatriation, le gestionnaire est obligé de plonger dans la vie perso de l’expat : situation matrimoniale, composition de la famille, type de logement, scolarité de chacun, considérations de santé, parfois orientation sexuelle… Ni l’expat ni le gestionnaire ne sont très à l’aise pour parler de ce type de sujets dans un cadre professionnel.

C’est magique, chausser les lunettes de l’autre donne immédiatement des clés pour améliorer la relation.

2- Règles-clés pour instaurer un climat gagnant-gagnant

  • Identifier les marges de l’interlocuteur et de l’entreprise

Avant de foncer dans votre demande, il est utile de vous faire expliquer le cadre et son esprit.

  • Egalité, équité et discrétion

Tout l’enjeu réside dans la différence entre l’égalité pure et simple et l’équité, il faut donc montrer en quoi votre situation sort du cadre. Quand vous obtenez une exception, faites-la inscrire sur votre contrat mais surtout ne le claironnez pas pour ne pas compliquer le travail de celui qui vous a obtenu cela.

  • Exprimer calmement vos émotions

Sur un sujet pareil, il faut trouver l’équilibre entre une froideur affichée qui ne sera pas crédible, car votre angoisse est souvent palpable et une explosion de sentiments, qui peut gêner votre interlocuteur.

Exemples de phrases aux impacts opposés :

Facilite le dialogue

Complique la discussion

« Je comprends, votre position n’est pas facile, les priorités des uns et des autres sont opposées » « Enfin, je ne demande pas grand-chose par rapport au coût de l’expatriation ! »
« Pour que je puisse rester, il faut que mon mari trouve un travail et ça m’inquiète…. » « Je ne comprends pas que l’entreprise n’ait aucun accompagnement pour le conjoint ! »
  • Valoriser ce que vous recevez de l’entreprise

Avant de s’occuper de la partie visible de l’iceberg (le logement, les écoles…), l’entreprise est responsable de la sécurité physique et administrative des expatriés : visa de travail, contrat, retraite, sécu… un travail lourd et peu valorisé. Les mots de remerciement sont rares et donc précieux !

Et si votre dossier débouche, évidemment, votre remerciement réjouira le gestionnaire et l’encouragera à se donner du mal pour la prochaine demande, que ce soit la vôtre ou celle d’un autre expat.

Voilà quelques clés. J’espère que ce « vis ma vie » vous sera utile pour faciliter vos relations avec le service mobilité de votre entreprise, ou de celle de votre conjoint. N’hésitez pas à me poser d’autres questions et bon vent à votre couple expatrié.

 

Portrait Alix Carnot

Directrice Associée chez Expat Communication - Auteur de Chéri(e) on s'expatrie

Pour faciliter votre retour, notre équipe a mis au point trois services :

  • Le stage retour. Une journée pour les collaborateurs ou pour les conjoints, pour faire le point, relire son expatriation, avancer sur ses projets de retour et échanger avec d’autres personnes qui sont dans la même situation. Une bulle d’esprit expat avant de plonger dans le bain du retour.
  • Accompagnement personnalisé pour un retour à l’emploi. Une coach, ancienne expatriée elle-même, vous aide à élaborer et mettre en œuvre votre projet. Service disponible à Paris ou par skype avant votre retour.
  • Le job booster cocoon : des groupes d’expatriés, hommes et femmes, boostent leur carrière en s’entraidant pour définir et obtenir le job de leurs rêves. Pour garder l’esprit innovant, débrouillard et solidaire de l’expatriation qui fera rebondir leur carrière. A Paris seulement pour l’instant.

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